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    4 février 2018

     

    Fête de la Présentation au Temple, communément appelée la Chandeleur, mais qui pourrait-être aussi appeler « fête des crêpes » ces dernières envoient ce jour-là, toutes les femmes de France en cuisine... pour faire sauter les crêpes  !

     

     

     

    « La fête de la Présentation au Temple, ou Chandeleur est, pour beaucoup aujourd'hui, la fête des crêpes. Fête sobre en famille restreinte, le soir à la maison, sans cadeaux.

     

    Que de traditions ce jour de février aura porté depuis la nuit des temps ! Une constante demeure cependant des celtes aux romains, cette fête est celle de la fertilité et de la fécondité. Liée tout à la fois à l'hiver finissant et au retour du soleil, c'est à lui que notre crêpe doit sa forme sphérique et sa couleur dorée. Se sont des fêtes où l'on processionnait aux flambeaux vers la mi-février.

     

    Pour les chrétiens, selon les Evangiles, Joseph et Marie sont venus accomplir la loi de Moïse quarante jours après la naissance de leur premier né, soit un deux février. Bien entendu, ces dates sont symboliques et portent leurs propres significations religieuses et donc théologiques. La fête de la chandeleur tire son nom populaire de la signification chrétienne du mot, puisqu'il s'agissait de la fête des chandelles, ainsi dénommée en raison de la procession qui ouvrait la célébration liturgique […] »

     

    Infocatho

     

     

     

     

     

    Mais revenons à la « Présentation au temple » !

     

     

     

    « Le Seigneur entre aujourd'hui dans le temple. Venez et adorons-le ! »

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

     

     

    Le Maître de la Sainte Parenté est l'un des plus délicieux artistes de l'Ecole de Cologne (XVe siècle), influencée par les grands peintres flamands voisins, entre 1475 et 1510.

     

    Aujourd'hui au Louvre, La Présentation au Temple est le panneau d'un Tripthyque des sept joies de Marie, provenant d'un monastère de bénédictines à Cologne. Il a donné une version les plus gaies et les plus charmantes du thème de la Présentation du Seigneur.

     

    Marie présente deux tourterelles à Siméon, que le peintre a assimilé par son vêtement au grand-prêtre (en fait c'est une chape proche de celle de l'église catholique). Près d'elle et de Joseph, la prophétesse Anne est en voile rouge, appuyée à l'autel dont le retable et le devant d'autel représentent des scènes de l'Ancien Testament prophétisant les Evangiles.

     

    La procession liturgique de la Chandeleur avec les cierges est pittoresque : hommes, femmes et enfants en costumes du XVe siècle, graves ou enjoués chantant une partition du grégorien. Les minuscules enfants de chœur processionnent, graves et recueillis avec leurs petits surplis ou leur vêtement aristocratiques ou plus populaires, eux aussi avec des cierges à la main. Le dallage est parsemé de feuilles de houx pour rappeler que cette fête est en hiver. Un petit caniche élégamment tondu les regarde ; il est le symbole de la fidélité, de la foi de l'enfance qui doit être conservée et qui doit grandir toute la vie.

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Le retable en or sur l'autel, en orfèvrerie comme ceux du XVe siècle, représente Moïse et le meurtre d'Abel par Caïn qui préfigure la Passion.

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Dieu le Père apparaît tout en haut environné d'angelots.

     

     

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     

     


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    « Parce que tu m'as vu, tu as cru. Heureux ceux qui croiront sans avoir vu. »

     

    Jean 20,29

     

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

     

    Cette belle « Incrédulité de Thomas » fut peinte en 1636 par Simon Vouet. Le tableau est depuis quelques années conservés au musée des Beaux-Arts de Lyon. On ignore pour qui il fut peint. Avec son pendant, La Cène, il a été découvert en 1990 dans la chapelle d'un couvent près de Paris.

     

    Vouet est le seul artiste qui ait osé montrer le Christ au corps livide, pour bien signifier qu'Il était mort et ressuscité. Il n'est vêtu que de son linceul. Par ailleurs, Thomas est représenté de profil, comme le font toujours les peintres d'icônes orthodoxes, ce qui est un symbole négatif. En effet, il a cru en la Résurrection un peu plus tard que les autres Apôtres, m^me s'il s'est finalement écrié « Mon Seigneur et mon Dieu !». Sur les icônes, seuls les personnages négatifs (réellement méchants, ou négatifs momentanement comm Thomas) sont figurés de profil.

     

    Vouet a suivi cette tradition, quoique l'art du XVIIe siècle français soit éloigné des icônes. La grand originalité de cet artiste est de peintre un Thomas fort laid, pour montrer que la beauté de l'homme réside dans sa foi en Dieu, et que quand il est incrédule la laideur de son âme transparaît sur son visage.

     

     

     

    Simon Vouet, peintre attitré du roi Louis XIII, fut, après un séjour de seize ans à Rome, le plus grand peintre baroque français. Extraordinaire virtuose de la couleur, il marie brillamment le rose et le bleu lavande raffinés, le vermillon et le jaune safran éclatants, le vert jade acidulé et le violet améthyste. Les diagonales et les amples mouvements courbes, spécialement dans les drapés, sont typiques de ce baroque ç la française : un art de louange et d'allégresse.

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Le Christ est peint avec un corps livide pour bien montrer qu'Il était mort il y a encore quelques jours, mais Il est en pleine lumière celle de la Résurrection.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

     

    Pour l'apparition du Christ ressuscité, Thomas est presque toujours représenté de profil, pour signifier son manque de foi (et Vouet l'a peint fort laid). Thomas touche la plaie du côté de Jésus.

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Saint Jean en vert, à côté du Christ, ne perd pas son temps à regarder ce que fait Thomas : il ne quitte pas Jésus des yeux.

     

     

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     

     

     


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    « Le Seigneur m'a enveloppée du manteau de l'innocence et m'a fait revêtir les vêtements du Salut. »

     

    Isaïe 61, 10

     

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

     

    Vêtue d'une robe blanche et d'un manteau bleu sombre, Marie joint les mains avec ferveur. Elle a la lune sous les pieds comme la Femme de l'Apocalypse (chapitre 12). Deux phylactères, en haut proclament, d'après le Cantique des Cantiques : Tota Pluchra es amica mea (Tu est toute belle, mon amie) ; et Et macula non est in te (Et il n'y a aucune tache en toi). Et en bas, Pulchra es ut Luna (Tu est belle comme la Lune)

     

    Autour d'elle sont figurés ses emblèmes, qui se trouvent dans les litanies de Lorette, où on l'invoque comme « Miroir de justice, Rose mystique, Tour de David, Tour d'ivoire, Porte du Ciel, Etoile du matin » ; mais aussi dans l'hymne de la fête de l'Immaculée Conception : « Porte du palais célste, Lis au milieu des ronces, Tour inaccessible au dragon, Etoile de la mer. »

     

    Tous ces emblèmes ont leur source dans la Bible.

     

    Ainsi à gauche, le Soleil qui sert de manteau à la Femme de l'Apocalypse : le Cyprès (Ben Sirac 24) ; la Porte du Ciel (Genèse 28, vision de Jacob) ; La Tige produisant de sa racine le remède à notre blessure (la racine de Jessé, Isaïe 11) ; le Puits d'eau vive (Cantique 4). La Roseraie de Jéricho (Ecclésiastique 24) ; l'Olivier précieux (Ben Sirac 24)

     

    Et à droit, la Citée de Dieu (Apocalypse 21) ; le Miroir sans tache, symbole de pureté et de vérité (Sagesse 7).

     

    Le peintre Juan de Juanes (1507-1579) a, vers 1535, décrit avec tendresse Marie en son Immaculée Conception, thème cher aux peintres espagnols du XVIIe siècle, mais ici couplé d'une façon rare avec celui du Couronnement de la Vierge par la Sainte Trinité. Le tableau appartient à la Fundacion Banco Santander à Madrid.

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Le jardin clos, en bas à gauche, vient du Cantique des Cantiques (4,12). Ce thème a été souvent repris dans l'art médiéval comme symbole marial.

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    La fontaine scellée, en bas à droite, vient aussi du Cantique des Cantiques (4,12), et symbolise la virginité perpétuelle de Marie.

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    L'Etoile de la mer (Marie Stella maris), en haut à droite, vient de saint Venance Fortunat (VIe s) et de l'Hymne acathiste à la Mère de Dieu (Etoile qui annonce le lever du Soleil).

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     


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    « Il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait placé tous ses sous ses pieds. »

     

    1 co 15, 25

     

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

     

    Comme l'affirme le Symboles des Apôtres, Jésus, avant sa résurrection, est descendu aux enfers libérer les justes de l'Ancienne Loi. Nimbé d'or , Il arrive dans un gouffre noir habité par un diable hideux. « Anastasis » veut dire résurrection en grec. Les orthodoxes représentent peu le Christ sortant du tombeau.

     

    Environné d'une mandorle de lumière symbolisant sa divinité, le Christ marche sur les portes des enfers qui sont arrachées, cassées, dégondées et déverrouillées, les cadenas sont éparpillés : la mort est vaincue, Il est vraiment ressuscité des morts. Il est le roi des rois sur la terre, au ciel et dans les enfers. Il est selon saint Paul (lettre aux romains), le nouvel Adam, qui rachète par sa mort et sa résurrection le péché originel. Il attrape par le poignet et non par la main les deux vieillards Adam et Eve ; ce détail montre qu'il n'y a pas d'initiative de leur part, qu'ils sont rachetés par la miséricorde divine.

     

    A droite, quatre roi, dont David et Salomon. A gauche, Jean-Baptiste, Moïse, Zacharie et d'autres prophètes sont délivrés eux aussi. Tous portent des auréoles drées. Jean-Baptiste leur montre le Messie : « Voici l'Agneau de Dieu ».

     

    Cette icône est l'œuvre de Youssef Musawwir, un prêtre melkite syrien iconographe, qui est le fondateur de la brillante Ecole d'Alep au XVIIe siècle. Il a écrit en 1645 l'icône : La Descente du Christ aux enfers ou Anastasis. Les icônes syriennes sont les plus remarquables des icônes arabes.

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Le Christ est le seul personnage de l'iconographie qui ait le droit d'avoir une croix dessinée sur son auréole, ainsi que des lettres grecques Ο ῼN (« le étant » en grec).

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    C'est toujours Adam que le Christ tire des enfers en premier. En effet, le Christ est le nouvel Adam, qui a racheté par sa mort et sa résurrection le péché originel.

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Deux anges en haut portent les instruments de la Passion. Celui de droite vêtu d'une tunique orange, tient la croix du Christ avec les mains voilées dans sa toge en signe de respect.

     

     

     

    Cette icône est elle aussi visible jusqu'au 14 janvier 2018 à l'Institut du monde arabe à Paris, dans l'exposition « Chrétiens d'Orient 2000 ans d'histoire »

     

     

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     

     

     


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    « Un ange parmi ceux qui se tiennent devant la gloire du Seigneur, fut envoyé dire à la Mère de Dieu :  Réjouis-toi ! »

     

    Hymne acathiste

     

     

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

     

    L'art syrien chrétien est l'un des plus anciens du monde, avec la peinture des catacombes de Rome et l'art copte en Egypte, dès le IIIe siècle. Les icônes arabes d'Alep sont réputées, et celle-ci a été peinte par Youssef al Musawwir, un iconographe syrien d'Alep, entre 1650 et 1667. Cet iconographe est d'un prêtre melkite, appartenant à une lignée de peintres d'icônes du XVIe au XVIIIe siècle. Il est connu pour certaines innovations iconographiques.

     

    L'icône comporte vingt-quatre scènes correspondant au vingt-quatre stances de l'hymne. Youssef a ajouté au centre, ce qui est original, le roi David (auteur des psaumes) jouant du luth. La partie narrative commence en haut par les trois étapes de l'Annonciation, de l'Incarnation et de la Visitation. Au deuxième registre, l'incertitude de Joseph, l'Annonce aux bergers, la Nativité, l'Adoration et le retour des mages à Babylone. Au troisième, la Fuite en Egypte, la Présentation au Temple, David. Puis vient la partie théologique, qui est une méditation sur la mystère de l'Incarnation.

     

    L'Hymne acathiste à la Mère de Dieu fut composé en 1626 à Constantinople par Romanos de Mélode. Chaque verset commence par « Réjouis-toi ». Acathistos en grec signifie « non assis », car il doit être chanté debout. Très usité dans la liturgie orthodoxe, ce trésor de poésie et de spiritualité a été découvert assez récemment par certaines communautés et sanctuaires catholiques.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Marie et l'Enfant, montés sur la mule blanche et escortés par saint Joseph, entrent à Babylone d'Egypte, appelée aujourd'hui le Caire, où ils vont faire étape avant de partir vers le sud.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    La Vierge porte une torche (c'est le Christ), dans la caverne de notre cœur. « Nous contemplons dans la Vierge sainte le flambeau qui a porté la lumière véritable dans les ténèbres. »

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Le Christ déchire un parchemin en deux, représentant le péché originel.

     

    « Il a voulu faire grâce des anciennes dettes à tous les hommes, déchirant leur billet de créance. »

     

     

     

    Cette icône de l'Hymne acathiste est présentée jusqu'au 14 janvier 2018 à l'institut du monde arabe, à Paris, dans l'exposition « Chrétien deux mille ans d'histoire ».

     

    Elle appartient à une collection particulière de Londres.

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     

     


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