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    « Il s'est penché sur son humble servante : désormais tous les âges me diront bienheureuse. »

     

    Magnificat

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

     

    La Vierge orante est une enluminure syriaque de 1054, peinte par « Petros, fils du grand prêtre Gabriel » sur un évangéliaire en parchemin, et représentée jusqu'au 14 janvier prochain à l'Institut du monde arabe dans l'exposition « Chrétiens d'Orient, 2000 ans d'histoire ».

     

     

     

    La Mère de Dieu, debout en prière, tient un rouleau de parchemin, sur lequel est écrite en grec la prophétie d'Isaïe annonçant la venue du Messie né d'une vierge.

     

    De part et d'autre de sa tête sont inscrites en lettres d'or les lettres grecques obligatoires sur les icônes de la Vierge : MP (mu ro, c'est-à-dire MR) OY (théta upsilonn, c'est-à-dire TH U.) Soit la première et la dernière lettre des mots Méter Théou (la Mère de Dieu).

     

    La Vierge porte le grand voile noir courant dans l'art byzantin. L'étoile ou croix sur son front rappelle le dogme de sa virginité perpétuelle, très important chez les catholiques comme chez les orthodoxes.

     

    Ce qui frappe dès le premier regard dans cette belle enluminure, c'est la couleur intense du fond bleu, peint avec du lapis-lazuli en poudre, une pierre très précieuse et plus chère que l'or, utilisée dans l'art liturgique. Il est rare qu'une enluminure soit peinte sur fond bleu. Cette couleur, associée en Occident à la Vierge Marie, symbolise en iconographie l'humanité du Christ. La Mère de Dieu est debout sur un sol vert peint avec du jade en poudre, autre pierre dure semi-précieuse.

     

    Cette enluminure est comme une petite icône.

     

    L'art syriaque des premiers siècles est l'un des premiers arts chrétiens au monde, avec l'art d'Egypte dès le IIe siècle, et l'art des catacombes de Rome. IL est très bien mis en valeur dans l'exposition.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Marie est toujours perpétuellement vierge c'est exprimé par l'étoile en forme de croix brodée sur son voile.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    La main levée de la Vierge est le geste de la prière dans l'Antiquité chrétienne, qui est resté dans les églises orientales.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Le parchemin reprend le prophétie « du Signe » d'Isaïe au chapitre 7, verset 13 et 14.

     

     

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     

     

     


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    « Cet Evangile, vous l'avez reçu. »

     

    1 corinthiens 15, 1

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

     

     

    La page d'introduction à l'évangile de saint Luc est une des sompteuses enluminures du très célèbre Book of Lindisfarne ou Lindisfarne Gospels (évangéliaire de Lindisfarne), de la fin du VIIe siècle (vers 698), conservé à la British Library de Londres.

     

    Saint Luc, un bel homme jeune, est assis sur un riche siège pour écrire son évangile sur un rouleau de parchemin sous la dictée de son emblème le taureau, un des quatre vivants du Tétramorphe dans le livre d'Ezéchiel et dans l'Apocalypse « le deuxième vivant est comme un jeune taureau », avec l'homme, le lion et l'aigle. IL est le symbole de Luc, car il commence son évangile par le sacrifice de Zacharie, père de Jean Baptiste.Mais aussi de la patience et du Christ en sa Passion.

     

    Ce manuscrit fut réalisé au prieuré de Lindisfarne (en ruines depuis la Réforme protestante au XVIe siècle), sur une petite île au nord-est de l'Angleterre , Northumberland. Il fut fondé en 635. Le VIIe siècle est l'époque où il se déploya dans les monastères, et tout particulièrement dans ceux de l'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande, nouvellement converties au christianisme, l'art de l'illustration des manuscrits par enluminure pré-carolingienne.

     

    Les autres manuscrits les plus célèbres et les plus remarquables de cette époque sont : « Le Livre de Kells et Le Livre de Durrow », tous deux irlandais et conservés à Dublin. Un exemple de l'art étrange, à la fois sauvage et raffiné, de ces pays récemment convertis.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    L'évangéliste au beau visage dont le nom est écrit en grec, mais en caractères latins : « Agios Lucas »

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Le taureau ailé du Tétramorphe tient entre ses pattes l'évangile de Luc, un codex relié. Il est auréolé comme le saint.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    L'évangile de Luc est écrit sur u rouleau de parchemin ou papyrus un volumen.

     

     

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     

     


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    « Béni sois-tu Seigneur en l'honneur de la Vierge Marie. »

     

    Cantique

     

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

     

    La Nativité de la Vierge, fut peinte voici plus de trois cent soixante-dix ans par Le Nain pour Notre-Dame de Paris. L'œuvre est actuellement attibuée à Louis, deuxième de la fratrie et un grand génie du trio.

     

    Dans une cour intérieure solennel avec tentures et colonnes, une nourrice s'apprête à donner le sein à un nouveau-né, la petite Marie, vers qui descend la lumière céleste. Joachim, très ému, est assis à côté et contemple sa fille avec émerveillement. A l'arrière-plan, sainte Anne est allongée dans son lit entourée par deux jeunes femmes.

     

    Les anges sont spécialement touchants. « Le Nain, dans un charmant tableau, montre des anges s'approchant de la jeune Vierge qui vient de naître : l'un deux lève la main vers le ciel, d'où semble provenir cette miraculeuse enfant, l'autre fait chauffer ses langes », écrivit le grand historien de l'art religieux Emile Mâle en 1932.

     

    IL est très difficile de distinguer le style des trois frères Le Nain, Antoine, Louis et Mathieu car ils travaillaient dans le même atelier et signaient Le Nain ou Lenain sans prénom. Ils sont célèbres pour leurs admirables tableaux paysans, mais ils ont également peint plusieurs œuvres religieuses. Celui-ci, dans sa simplicité qui ne manque pas de grandeur, incite le spectateur à méditer sur le mystère de l'Incarnation qui est en préparation.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Le vieux Joachim, appuyé sur une canne, ne se lasse pas de contempler sa merveilleuse fille qui vient de naître, par une intervention divine.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Un délicieux petit ange, agenouillé devant la cheminée, fait tiédir le lange qui va bientôt envelopper Marie.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Deux anges, un brun et un blond, se penchent pour contempler Marie et commentent avec animation ce moment prodigieux de l'Histoire du Salut.

     

     

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     

     

     


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    « Il est grand au milieu de toi, le saint d'Israël. »

     

    Isaïe 12, 6

     

    Regard sur l'art chrétien...

     

    Cette délicate et attachante « Visitation », peinte an 1490 par un artiste siennois assez peu connu, Pietro degli Orioli, est le panneau central d'un triptyque sur bois conservé à la Pinacothèque de Sienne (Ombrie, Italie centrale), et dont les deux autres volets représentent saint Michel terrassant le démon et saint François.

     

    Nous sommes dans la cour d'un palais italien de la Renaissance. Sur la corniche de marbre rose, sont gravées en lettres d'or sur fond de marbre noir les paroles d'Elisabeth : « Comment m'est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne me voir ? » (Lc1, 43). Marie, toute jeune, ravissante dans sa simple robe blanche, a les yeux baissés en écoutant les salutations de sa cousine. Elisabeth, vêtue de brun foncé, la regarde avec affection et respect en prononçant sa prophétie, la reconnaissant pour la mère du Messie attendu depuis des siècles par Israël.

     

    Quelle sobriété et quelle douceur dans cette représentation du Magnificat, sous le regard bienveillant de Zacharie, à droite, et à gauche, de deux charmantes jeunes filles, parentes, amies, voisines ou servantes... Tout en raffinement et discrétion, Orioli n'insiste pas sur la grossesse de Marie et d'Elisabeth, que les peintres du Moyen-Âge se plaisaient à souligner en montrant m^me souvent, les deux bébés dans le sein de leur mère.

     

    Tout est dans le recueillement un peu solennel du moment.

     

    Nous avons chez cet artiste au style très personnel une élégance raffinée (qui est le propre de la peinture siennoise du XIIIe au XVIe siècle) combiné à la piété et a la douceur.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Marie, jeune et ravissante, baisse les yeux par modestie en entendant la salutation de sa cousine Elisabeth.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Elisabeth, âgée et très belle, s'avance avec dignité à la rencontre de sa cousine Marie pour la saluer avec respect.

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    Les quatre mains jointes de Marie et d'Elisabeth, au centre du tableau, qui expriment leur salutation mutuelle, sont aussi à le Renaissance une allégorie de la vertu de concorde.

     

     

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     

     

     

     


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    «Que la miséricorde l'emporte toujours sur le jugement »

     

    Règle de Saint Benoît

     

     

    Regard sur l'art chrétien...

    L'enluminure de Saint Benoît

     

     

     

    Cette somptueuse enluminure Renaissance sur parchemin figurant saint Benoît, fondateur des Bénédictins, est une page d'un livre de chœur du XVIe siècle de l'abbaye du Mont-Cassin. Benoît, sur la cathèdre, est entouré de saint Maur et saint Placide, ses premiers disciples et assistant. Deux bénédictins et deux oblats de l'Ordre sont agenouillés.

     

    Saint Benoît (480-547) est considéré comme le père des moines d'Occident, alors que saint Antoine le Grand (250-356), le premier moine en Egypte, est le père des moines d'Orient et d'Occident. La jonction entre le monachisme orientale et l'Europe s'est faite par saint Martin en 360 à Ligugé, puis par saint Jean Cassien en 416à Marseille. Saint Benoît qui est aussi le patron de l'Europe est fêté le 11 juillet.

     

    Labbaye du Mont-Cassin fut fondée par saint Benoît en 529, sur une colline de 500 mètres d'altitude dans la Latium.

     

    Cette immense citadelle monastique fut détruite et reconstruite quatre fois : ravagée par les Lombards en 577, brûlée en 883 par les Sarrasins, écroulée en 1349 à cause d'un tremblement de terre, totalement détruite en 1944 lors de la bataille du Mont-Cassin (75000 morts), reconstruite en dix ans par l'Etat italien, puis reconsacrée par Paul VI en 1964. Heureusement, les deux officiers allemands et autrichien commandant la place, firent déménager en 1943 au Vatican, de nuit pendant plusieurs mois, les archives de l'abbaye, dont notre manuscrit, ainsi que ses trésors artistiques, mobilier, avant que la bataille ne s'engage.

     

    Son emblème est un vieux chêne déraciné par l'orage, mais repoussant toujours vigoureusement, tandis que sa devise est « Succisa virescit «  (coupé il repousse).

     

     

     

    Marie-Gabrielle Leblanc

     

     


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