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    Vendredi 2 novembre 2018

     

    C'est le jour des morts

     

     

     

    « Ni le soleil ni la mort ne se peuvent regarder en face dans leur nudité »

     

    Platon

     

     

     

     

     

    « […] Demain les morts : demain la fête de la tombe...
    Oh! ce glas lugubre qui tombe
    A coups sourds dans mon cœur  solitaire et béant!
    Oh! m'en aller! Oh le néant!... »
    Lucie Delarue-Mardrus




     

    Le jours des morts...

    Tombes fleuries...

     

    (image internet)

     

     

     

     

     

    « Voici des fleurs, des feuilles et des branches.

     

    Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous»

     

     

     

    Paul Verlaine écrivit ces vers pour un de ses amours, nous pourrions, les redire aujourd'hui à nos morts dont nous allons fleurir les tombes dans nos cimetières en changeant la dernière phrase et dire plutôt : « qui bat encore pour vous » !

     

     

     

    Plutôt déserts le reste de l'année, les cimetières se transforment en grands jardins à cette époque.

     

    « Cette relation intime, à mi-chemin entre le réel et l'imaginaire, a besoin du support spirituel du rituel religieux pour s'élaborer et s'approfondir... »

     

     

     

    « La Toussaint est un temps suspendu : un temps symbolique de présence à l'invisible... » et comme le dit Saint Augustin : « Les morts ne sont pas des absents, mais des invisibles, engagés dans une autre vie, plus subtile, mais non moins réelle. »

     

     


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    1er novembre 2018

     

    Joyeuse fête de la Toussaint

     

     

     

     

     

     

     

    A la Toussaint, l'auréole est en airain ! Enfin celle des saints canonisés.

     

    La nôtre a encore des reflets verdâtres pas très engageants... Baptisés, nous sommes appelés à la sainteté mais nous savons que celle-ci ne sera parfaite qu'au Cieux. Quand le vert-de-gris qui ternit notre auréole aura été définitivement décapé au purgatoire, nous serons resplendissants ! En attendant, commençons l'astiquage et essayons de grandir en sainteté, notre pèlerinage terrestre n'a d'ailleurs d'autre but que celui-là. Chaque parole, chaque pensée nous rapproche de Dieu ou nous en éloigne : le combat de la sainteté est un combat de rue, qui se gagne mètre par mètre […]

     

    J. Levivier

     

     

     

    La Toussaint...

    Tous les Saints

     

    Fra Angelico

     

     

     

     

     

    Et voici qu'à la Porte du Paradis,

     

    Se presse la foule innombrable des saints...

     

    Dont nous célébrons la fête aujourd'hui.

     

    Espérons qu'un jour nous les accompagnerons ?

     

    Liviaaugustae

     

     

     

     

     

    L'origine de cette fête :

     

    Dès le 4ème siècle, l’Eglise syrienne consacrait un jour à fêter tous les martyrs dont le nombre était devenu si grand qu’il rendait impossible toute commémoration individuelle.

     

    Trois siècles plus tard, dans son effort pour christianiser les traditions païennes, le pape Boniface IV transformait un temple romain dédié à tous les dieux, le Panthéon, en une église consacrée à tous les saints. Cette coutume se répandit en Occident, mais chaque Eglise locale les fêtait à des dates différentes jusqu’en 835, où elle fut fixée au 1er novembre.

     

    Dans l’Eglise byzantine, c’est le dimanche après la Pentecôte qui est consacré à la fête de tous les saints.

     


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    Mercredi 31 octobre

     

    Aujourd'hui c'est la fête de saint Quentin !

     

     

     



     

    Saint Quentin un martyr dans le Vermandois (3e siècle)

     

    Il était romain, cinquième enfant d'un sénateur romain, si l'on en croit son nom, ce qui était rare dans le Bas-Empire.

     

    Il partit pour la Gaule avec sainte Lucie de Beauvais et plusieurs compagnons pour évangéliser cette région du Beauvaisis et de la Picardie.

     

    Selon les Actes de sa vies son succès provoqua la colère du préfet romain Rictiovare qui l'arrêta à Soissons, lui fit subir interrogatoires et supplices, le fit enfin décapiter le 31 octobre. Sur le lieu de son martyr , s'éleva une ville qui prendra son nom : Saint-Quentin.

     

    Martyrologue romain

     

     


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    Le 15 octobre on fêtait Sainte Thérèse d'Avila.

     

    Je vous offre un de ses poèmes, inspiré du Cantique des Cantiques débordant d'amour.

     

     

     

    Le Cantique des Cantiques...

    La transverbération de Sainte Thérèse (1672)

     

    Josefa de Obidos

     



     

     « Mon Bien-Aimé est à moi » 

     

    Je me suis toute livrée et donnée,
    Et il se fit un tel échange
    Que mon Bien-Aimé est à moi,
    Et je suis à mon Bien-Aimé.

     

    Quand le doux chasseur tira sur moi
    Et me laissa tout épuisée ;
    Alors dans les bras de l'amour,
    Mon âme tomba et demeura.
    Et reprenant nouvelle vie,
    Il se fit un tel échange
    Que mon Bien-Aimé est à moi,
    Et je suis à mon Bien-Aimé.

     

    Il me lança une flèche,
    Trempée au venin de l'amour,
    Et mon âme ne fit plus qu'un
    Avec son Créateur ;
    Depuis je ne veux d'autre amour
    Puisqu'à mon Dieu je suis livrée.
    Oui, mon Bien-Aimé est à moi,
    Et je suis à mon Bien-Aimé.

     

    Thérèse d'Avila

     

     



     


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    29 mai 2018

     

    Aujourd'hui à Rouen, on commémore l'anniversaire de la mort de Jeanne d'Arc, là où elle fut brûlée par les Anglais, aidés il faut bien le dire par des français, les bourguignons.

     

    Je vous offre ci dessous, le discours que Jean d'Ormesson y prononça le 29 mai 1988 à l'occasion du 577e anniversaire du supplice de celle qu'on a appelée la « Pucelle d'Orléans ».

     

    Liviaaugustae

     

     

     

     

     

    « Sur l'amour ou la haine que Dieu porte aux Anglais, je n'en sais rien, mais je suis convaincue qu'ils seront boutés hors de France, exceptés ceux qui mourront sur cette terre. »

     

    Jeanne d'Arc à son procès le 15 mars 1431

     

     

     

    Statue de Jeanne d'Arc à Rouen.

     

     

     

    Sur les pas de Jeanne d'Arc avec Jean d'Ormesson.

     

     

     

    Toute collectivité, toute famille, toute nation a besoin de légendes et de mythes. C'est une grande chance quand la légende et l'histoire se recoupent, quand l'histoire est légendaire, quand la légende est historique. Nous avons beaucoup de chance de pouvoir célébrer, une fois de plus, une jeune française de Lorraine venue mourir à Rouen, il y a un peu plus de cinq siècles, à l'âge de 19 ans.

     

    La France est un drôle de pays. Plus qu'aucun autre, elle passe de la grandeur aux périls et des abîmes aux sommets. Elle s'entend à merveille à compromettre en quelques mois, en quelques semaines, le labeur de plusieurs siècles. Et puis, en quelques mois, en quelques années, elle remonte la pente descendue et se situe à nouveau au premier rang des nations. La fin radieuse du printemps et le début de l'été quarante, que chantait dans les larmes la grande voix d'Aragon, ont vu la France écrasée, détruite comme jamais, rayée de la carte du monde. En moins de cinq ans, grâce aux visions de génie, à la foi, à l'action du générale de Gaulle, elle figure à nouveau parmi les nations alliées qui sortent victorieuses de la plus terrible guerre et la plus meurtrière de l'histoire de l'humanité. (…)

     

    La France, et peut-être seule la France, est une personne plutôt qu'un état. Elle est fragile comme une jeune fille, irrésistible comme un chérubin. On l'aime comme une maîtresse, comme un amant, comme un être adoré, dont la santé parfois, laisse à désirer. On la voit décliner, elle à la veille de périr. C'est alors que, sous des formes imprévisibles et improbables, se produit le miracle : un général de génie, un politicien au rancart soudain transfiguré par l'amour de la France, se penchent sur le chevet de la moribonde, et à la stupeur de l'univers qui attend son décès, ils l'a ressuscitent et la remettent sur pied. Aucun des miracles qui, à intervalles réguliers, ont sauvé la patrie n'a autant frappé le monde d'étonnement et d'admiration que le miracle de Jeanne d'Arc.

     

    Il y a de quoi. Les bergères qui épousent des princes sont déjà surprenantes. Les bergères qui deviennent chef de guerre pour mieux sauver l'Etat sont tellement stupéfiantes que leur seule existence n'a jamais cessé d'être des énigmes. Qu'une jeune fille, une enfant, du milieu le plus simple, sans éducation ni culture, sans naissance ni relations, veuille aller sauver le roi et entraîner des troupes après avoir entendu des voix qui lui venaient du Ciel, l'affaire est si étrange que tous les éléments ont pu être contestés. (…)

     

    Ne pouvant mettre en doute sérieusement sa présence dans l'histoire, les adversaires de Jeanne ont successivement supposé qu'elle était folle, qu'elle était alliée à la maison de France, qu'elle était autre chose que ce qu'elle prétendait être : une bergère de Lorraine au secours de son roi. (…)

     

    Ce que fut cette aventure, admirable et sans pareille, aucun de nous ne l'ignore. Le roi était malheureux. La bergère était inspirée. Tout ce que nous savons d'elle, ses démarches, ses attitudes, ses réponses dans l'épreuve donnent le sentiment de l'esprit le plus droit, du caractère le mieux trempé, de l'intelligence la plus vive. A aucun moment ceux qui guettent le moindre faux pas ne parviennent à la prendre en défaut. Elle ne cesse de dominer le débat et tout ce qu'elle dit s'écrit d'avance dans le cours de l'histoire. (…)

     

    Le mot qui court tout au long de l'histoire de Jeanne d'Arc, ce n'est pas le mot de puissance, de guerre, de haine, de refus, de rejet, - c'est le mot d'amour. Elle ne divise pas, elle unit. Elle n'appartient à personne. Elle est la sainte de tous.

     

    Ne laissons Jeanne d'Arc en otage ni aux uns, ni aux autres. Si elle a été brûlée vive à l'âge de 19 ans, c'est pour que les français cessent de se diviser et qu'ils se retrouvent réunis dans l'honneur et dans la grandeur.

     

    Jean d'Ormesson

     


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