• L'amazone de la sculpture...

     

     

     

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    Portrait de Félicie de Fauveau par Ary Scheffer (1829)

    (Musée du Louvre)

     

    FELICIE DE FAUVEAU

    (Femme sculpteur des années romantiques, cette figure du soulèvement vendéen de 1832 était tombée dans l’oubli.)

     

    Félicie de Fauveau naît à Libourne (Italie) le 24 janvier 1801. Son père Alexandre de Fauveau, s’est installé en Italie, peu avant la révolution.

    En 1814, la famille de Fauveau ruinée, rentre en France. Et Félicie fréquente le salon de la Duchesse de Berry, qui a le même âge qu’elle, et décide alors d’être artiste. Elle commence par peindre, en travaillant dans l’atelier de Louis Hersent, puis, sous l’inspiration de Paul Delaroche elle apprend la sculpture en autodidacte avec son frère cadet Hippolyte.

    Peu de femmes émergent dans l’histoire de la sculpture. Félicie, fait partie de ces exceptions qui tapèrent dans l’œil de Stendhal, d’Alexandre Dumas ou d’Alfred de Musset.

    Si les historiens de l’art ainsi que ceux de la Restauration connaissent bien ce nom qui sent autant l’aventure que l’encens, le grand public n’a pas eu l’occasion de découvrir son travail ni d’approcher ce personnage haut en couleur, surnommé l’amazone de la sculpture, monarchiste, catholique, célibataire et féministe.

    Femme de caractère, royaliste légitimiste, revendiquant l’héritage glorieux des chevaliers croisés, Félicie de Fauveau délaisse sa carrière prometteuse de sculptrice pour s’opposer à Louis-Philippe 1er, après l’abdication de Charles X en 1830. Elle entre en résistance aux côtés de la comtesse de La Rochejaquelein qui mène l’insurrection royaliste pour la duchesse de Berry, depuis son château de Landebaudière en Vendée. L’idée est risquée, mais aussi limpide que l’eau de la Boulogne pour ce bataillon de femmes à l’esprit échauffé par les récits de chevalerie. […]

    […] Artiste et mystique, elle brûle d’agir, monte à cheval et tire au pistolet. eLle parcourt le bocage, visite les métairies pour y trouver des alliés, cache des pierres à fusil, « enveloppée de son amazone de drap bleu, comme un général de son manteau de guerre » diront les témoins.[…]

    […] Mais le soulèvement tourne au fiasco… La Duchesse de Berry est arrêtée, et condamnée à la déportation, Félicie de Fauveau gagne clandestinement Paris, puis se réfugie à Florence  où elle s’éteindra le 12 décembre 1886, à l’âge de 80 ans.

     Elle garda la fraîcheur, la ferveur et l’élan de la jeunesse. Ainsi qu’un attachement viscéral pour la Vendée. Sa devise dit : « Vendée, labeur, honneur, douleur ».

     

     

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    Le drapeau de l’insurrection (peinture sur soie)

    Durant l’été 1831, Félicie de Fauveau peint une bannière qui doit servir de drapeau de l’insurrection pour la division de Gaubretière tout juste créée. Cette bannière peinte sur soie, pieusement conservée, représente l’archange Saint Michel terrassant le dragon, considéré comme le saint patron du royaume de France jusqu’au vœu de Louis XIII en 1638.

     

     

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    Christ en croix en bois

    Ce magnifique Christ en croix à la mécher mantique fut réalisé en 1857 pour sa chère amie, Madame de La Rochejaquelein. Il était destiné à la Chapelle de Saint-Aubain-de-Baubigné (Deux-Sèvres), et réalisé en souvenir de la malheureuse campagne de la Pénissière en 1832

     

     

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    Lampe de l’archange saint Michel.

    (par Félicie de Fauveau et Jean-Honoré Gognon, fondeur ; bronze patiné, doré, argenté et peint, verre, lapis, 1832)

    C’est l’une des principales œuvres de Félicie avec le Monument de Dante, d’une virtuosité extraordinaire. Toutes deux lui furent commandées par le collectionneur d’antiques et d’objets du Moyen Age et de la Renaissance, le comte Alexandre de Pourtalès-Gorgier. Elle a pour thème la veille et la vigilance par l’inscription :

    « Non dormit qui custodit »

    (« Il ne dort pas celui qui veille »).

    Diane Gautret

    Extrait de : Famille Chrétienne

     

    Pour ceux qui sont sur place et ceux qui pourront s’y rendre, une exposition se tient à Lucs-sur-Boulogne jusqu’au 19 mai à l’Historial de la Vendée. « Félicie de Fauveau, l’amazone de la sculpture »

    Puis du 11 juin au 15 septembre au Musée d’Orsay à Paris.

     


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