• La Dame à sa fenêtre...

     

     

     

     

    Poème et Biographie

     

     

    La Belle Rosamonde (1916)

    J.W. Waterhouse

    (Collection particulière)

     

     

    Fantaisie…

     

    Il est un air pour qui je donnerais

    Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,

    Un air très vieux, languissant et funèbre,

    Qui pour moi seul à des charmes secrets.

     

    Or, chaque fois que je viens à l’entendre,

    De deux cents ans mon âme rajeunie :

    C’est sous Louis XIII… et je crois voir s’étendre

    Un coteau vert que le couchant jaunit ;

     

    Puis un château de brique à coins de pierre,

    Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,

    Ceint de grands parcs, avec une rivière

    Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs.

     

    Puis une dame, à sa haute fenêtre,

    Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens…

    Que, dans une autre existence, peut-être,

    J’ai déjà vue et dont je me souviens !

    G. DE NERVAL

     

     

     

    Poème et Biographie

     

     

    Gérard de Nerval, par Nadar.

     

    GERARD DE NERVAL.

    (Gérard Labrunie, dit Gérard de Nerval, Paris 1808-1855)

     

    Ecrivain français, (Gérard Labrunie, dit Gérard de Nerval, Paris 1808-1855). Privé tôt de sa mère, il fut élevé parmi les paysages mélancoliques et les récits légendaires du Valois. Il se lia à Paris avec Théophile Gautier et mena une vie insouciante qu’il évoqua dans « Les Petits Châteaux de Bohême » et « La Bohême galante ».

    Fasciné par l’Allemagne, il fit une traduction célèbre du Faust de Goethe et composa des contes (La Main de gloire) inspiré d’Hoffmann, mais déjà, dans des poèmes délicats comme « Fantaisie », apparaissait la première incarnation du mythe féminin qu’il poursuivit toute sa vie, la blonde Adrienne qui mourut au couvent. De 1836 à 1841, une passion malheureuse pour l’actrice Jenny Colon (dans son langage onirique, Aurélie et Aurélia) accentua cet « épanchement du songe dans la vie réelle » : Adrienne et Jenny sont dès lors les deux incarnations (la « Sainte » et la »Fée ») de son éternel féminin, qui se confond bientôt avec l’âme de la nature (Isis ou Cybèle), puis avec la Vierge Marie, ou sa propre mère qui intercède pour sa rédemption. Ce syncrétisme religieux est d’ailleurs l’aboutissement des recherches ésotériques sur les mythologies et les cultes antiques, effectuées par Nerval lors de son voyage en Orient […]

    Sujet désormais au délire, il transcrivit cependant les principaux épisodes de son aventure spirituelle dans « les Filles du feu », Aurélia ou Pandora, comme dans les sonnets des « Chimères ». On le retrouva pendu,  près du Chatelet.  Aurélia ou le Rêve et la Vie inachevé…  est caractéristique de la quête de Nerval : par une sorte de « descente aux enfers », le poète tente de rechercher le « fantôme rose et blond » d’Adrienne, qui a revêtue les apparences d’Aurélia. […]

    […] « Faisant référence à Apulée, Dante, et Swedenborg, Nerval est convaincu que le songe aide à « percer ces portes d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible ». Relation émouvante d’une expérience dramatique intimement vécue, l’œuvre de Nerval (en prose comme en vers) est une incantation à la fois précise et mystérieuse qui établit des correspondances entre le rêve et la vie, préfigurant en cela l’œuvre de Baudelaire ou celle de Mallarmé, aussi bien que les tentatives des surréalistes. Mais cet aspect essentiel  de son œuvre ne saurait faire oublier l’esprit, la gaieté et les sens artistique raffiné du prosateur de la première période, et du voyageur érudit.

    Extrait de : Dictionnaire Robert des noms propres.

     


  • Commentaires

    1
    Mercredi 21 Août 2013 à 16:44

    Un très beau poème suivi d'un texte clair et précis ! Merci livia

    Je t'embrasse

    2
    Mercredi 21 Août 2013 à 20:25

    Nettoue

    J'aime bien ce poème, mais comme de Nerval était fou à la fin de sa vie, il y a des écrits qui "à mon goût" n'ont ni queue ni tête...

    Je t'embrasse aussi Nettoue bonsoir

    3
    Dimanche 25 Août 2013 à 14:41

    Le poème est très beau et tu nous en apprends plus sur Gérard de Nerval, ses muses et sa mort tragique. merci et bisous Chantal

    4
    Dimanche 25 Août 2013 à 15:35

    écureil bleu 33

    J'ai beaucoup aimé ce poème, donc j'ai rechercher des éléments sur Gerard de Nerval, j'avoue que c'était un peu loin. Bon dimanche et bisous.

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