• Le basilic...

     

     

     

    Connaissez-vous le basilic ? Non pas la délicieuse plante , mais une bête étrange et  effrayante.

     

    J'ai rencontré cette vilaine bête au détour des pages d'une revue, j'avoue que je n'en avais jamais entendu parler au paravent et n'aimerai pas la rencontrer « en vrai » comme disent les enfants.

     

    Livia

     

     

     

    Le basilic...

    Allégorie de la bête étrange

     

    Johann Michael Zinck ( 1741)

     

     

     

     

     

    Curieuse bête que le basilic qui de nos jours a disparu du bestiaire commun, mais qui naguère aux temps bibliques, puis au Moyen Âge, peuplait aussi bien l’Ancien Testament et les Évangiles d’une riche iconographie. Cette bête légendaire à l’aspect monstrueux entre serpent, coq et dragon, lui a longtemps conféré un aspect diabolique. Figure de l’antéchrist, on ne lui connaît qu’un seul ennemi, la belette…

     

     

     

    Le basilic...

    Basilic coloré

     



     

    Si de nos jours le seul mot de basilic évoque immédiatement la plante aromatique, synonyme de soleil et de gastronomie joyeuse, il en est cependant un autre, nettement moins comestible celui-là, cité à cinq reprises tant par l’Ancien que par le Nouveau Testament. Son nom grec signifie roi, car il est le roi des serpents et est souvent assimilé à la vipère. Le frère dominicain Vincent de Beauvais le décrivait au XIIIe siècle issu du croisement du ciel et de la terre, né d’un œuf de coq, pondu sur un tas de fumier et couvé par un crapaud ! Par-delà la fantaisie de cette origine, c’est l’abomination du rapprochement des contraires qui donnera à cet animal mythique des pouvoirs extraordinaires.

     

     

     

    Le serpent, premier animal du long bestiaire de la Bible

     

    Il aurait vécu en Afrique, de couleur jaune avec trois légères bosses et une tache blanche sur sa tête de coq, arborant une queue de reptile terminée par un crochet ou parfois l’inverse. Souvent doté d’ailes de dragon, sa physionomie peu engageante évoluera avec les siècles et il est un miroir certain des peurs respectives de chaque époque. Quelle que soit sa représentation, reste que sa morsure demeure toujours mortelle et le basilic se révèle être l’animal le plus venimeux de tous les reptiles dont le seul regard pouvait même tuer à distance.

     

    Creative CommonsLe lion, symbolisant le Christ, tue le basilic, symbole de Satan, sur la cathédrale de Gurk (vers 1180)

     

    Les Proverbes enjoignent aux hommes de se méfier du vin dont les effets piquent comme la morsure du basilic, alors qu’Isaïe prophétise, pour sa part, des jours où le nourrisson pourra étendre sans mal la main sur son nid sans risque de morsures ; un monde également évoqué par le Psaume 90 qui n’hésite pas à rappeler que l’on pourra fouler le basilic sans en ressentir de blessure…

     

    Des pouvoirs maléfiques

     

    Les pouvoirs du basilic sont assurément diaboliques. Avec l’aspic, le lion et le dragon, il est compté par l’Ancien Testament comme l’une des figures majeures de la Bible incarnant le mal, en opposition marquée avec les quatre animaux symbolisant les Évangélistes. Le basilic sera, dès lors, une figure de l’antéchrist, ainsi que l’avait préfiguré le prophète Isaïe : « Ne te réjouis pas, Philistie tout entière, si le bâton qui te frappait est brisé. De la racine du serpent va sortir une vipère, et son fruit sera un dragon ailé ». Le Moyen Âge reprenant ces récits bibliques verra alors fleurir une multitude de représentations éloquentes quant à cette dernière image. De nombreuses images du Christ foulant aux pieds l’animal mythique seront présentes rappelant la victoire du bien contre le mal. Dans l’Évangile de Luc, Jean le Baptiste stigmatisera, lui aussi, les foules venues pour être baptisées en les comparant au basilic face à leur propension à braver les lois divines.

     

    La belette, ennemi mortel du basilic

     

    Pour conclure cette évocation de ce si étrange et maléfique animal, laissons les mots de la fin au célèbre écrivain argentin Jorge Luis Borges qui n’hésite pas dans Le Livre des êtres imaginaires à rappeler que « Le basilic réside au désert ; ou plutôt, il crée le désert. À ses pieds les oiseaux tombent morts et les fruits pourrissent ; l’eau des fleuves où il s’abreuve reste empoisonnée durant des siècles. Pline a certifié que son regard brise les pierres et brûle l’herbe. L’odeur de la belette le tue ; au Moyen Âge, on a dit que c’était le chant du coq. Les voyageurs expérimentés se pourvoyaient en coqs pour traverser des contrées inconnues. Une autre arme était un miroir ; le basilic est foudroyé par sa propre image ». Reste donc à trouver pour le neutraliser une belette, un coq ou un miroir …

     

    En tout état de cause, nous sommes avec le basilic biblique bien loin de notre si appréciée plante aromatique !

     

    Philippe-Emmanuel Krautter

     

     

    Le basilic...

    Le basilic

     

    Il ne faut pas confondre ce vilain animal avec cette délicieuse plante qui parfume agréablement nos recettes.

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Mardi 22 Octobre à 06:30

    et bien comme toi je ne connaissais pas cette vilaine bête.....par contre la plante il y en a au jardin....et nous aimons beaucoup....un imaginaire qui laisse rêveur....passe un doux mardi

      • Mardi 22 Octobre à 12:00

        Bonjour Monique,

        Moi aussi j'adore mettre du basilique dans mes sauces tomates pour les pâtes, c'est délicieux, quand à la vilaine bête je l'ai découverte très récemment.

        Belle journée

    2
    Mardi 22 Octobre à 06:53

    Une page intéressante Livia, mais je préfère la plante à ta bestiole ! happy

    Bises et bon mardi

      • Mardi 22 Octobre à 12:01

        Comme toi Zaza, je préfère le délicieux basilic plante à cette vilaine bestiole qui Dieu merci ne m'appartient pas !

        Bises et belle journée

    3
    Mardi 22 Octobre à 07:49

    Bonjour Chantal,

     

    Oui,  le basilic de la bible ou du  Moyen age est terrifiant.

    J'ai trouvé un basilic qui vit de nos jours en Amérique du sud:

    lien: https://www.diconimoz.com/les-fiches-animaux/les-reptiles-et-amphibiens/basilic-vert/

    Et puis bien sûr ce merveilleux aromate que j'utilise souvent dans ma cuisine: le basilic qui sert sur mes salades de tomate ou en pesto

    Bisous

      • Mardi 22 Octobre à 12:06

        Bonjour Martine,

        Ils étaient naïfs les gens du Moyen-Âge pour croire à ce genre de bêtes, je préfère en tout cas la délicieuse plante dont j'use souvent dans mes sauces pour les pâtes.

        J'ai été voir le basilic sur le site avec le lien que tu m'as mis, ce basilic vert n'est pas aussi horrible que le basilic de toutes les couleurs du Moyen-Âge, et pas plus laid que l'iguane qui vit en Guadeloupe et qui est totalement inoffensive.

        Bises

    4
    Mardi 22 Octobre à 11:05

    Bonjour Chantal. J'ai déjà entendu parler de cet animal étrange et dangereux mais je ne sais plus où. Bonne journée et bisous

      • Mardi 22 Octobre à 12:07

        Bonjour Brigitte,

        C'est peut-être en lisant la Bible, que tu as entendu parler de cet étrange et méchant animal, je l'ai découvert très récemment au cours d'une lecture, et suis ravie qu'elle n'existe pas réellement.

        Bisous et belle journée

    5
    Mardi 22 Octobre à 13:45
    Féelaure

    Et bien quelle découverte ! merci Livia je  ne connaissais pas du tout. Par contre je suis une adepte du basilic que je mets dans toutes mes salades l'été miam

    Bises et douce journée

      • Mardi 22 Octobre à 14:24

        Bonjour Laure,

        Heureusement cet animal épouvantable n'existe pas, par contre, comme toi j'aime beaucoup le basilic pour mes sauces.

        Bises et belle journée

    6
    Mardi 22 Octobre à 19:28

    C'est un bel article pour mon retour après le salon de l'invention, retour au classique maintenant.

      • Mercredi 23 Octobre à 12:00

        Bonjour Christian,

        C'est une bête un peu effrayante, heureusement qu'elle n'existe pas !

        Belle journée

    7
    Marie-Gabrielle
    Jeudi 24 Octobre à 22:14

    Ha ha ! Chantal, e vois que vous n'avez pas lu Harry Potter, ni vu les films ! En effet, le basilic joue un rôle central dans le 2e volume, HP et la Chambre des secrets. Rowling est extrêmement cultivée et son œuvre grouille de références à la mythologie, à la Bible etc. Hermione découvre dans un grimoire qu'il faut s'armer d'un miroir pour affronter le basilic et c'est ce qu'elle fait, mais elle aperçoit le reflet du basilic et reste paralysée, mais temporairement seulement car elle ne l'a pas vu en face et surtout n'a pas croisé son regard. Harry, alors âgé de 13 ans, va délivrer Ginny, sa future épouse une dizaine d'années plus tard, des griffes du basilic. Et, dans le film, son combat avec la bête est un grand moment de cinéma. pour ne pas croiser le regard du monstre, il commence par lui crever les yeux.

    Bien sûr je connaissais bien avant HP l'iconographie médiévale illustrant le psaume, le Christ foulant aux pieds l'aspic et le basilic. Bravo pour votre article !

      • Vendredi 25 Octobre à 14:30

        Bonjour Marie-Gabrielle,

        J'avoue! Je n'ai ni lu ni vu Harry Potter, ce n'est pas le genre littéraire et cinématographique que je préfère, je déteste carrément ce genre, sorcier et compagnie ne m'attirent pas, même si on voit un basilic !

    8
    Marie-Gabrielle
    Vendredi 25 Octobre à 19:07

    Ah ! C'est bien dommage, car c'est très passionnant même pour les adultes tellement il y a de références culturelles. j'espère qu'au moins vous avez lu le Seigneur des anneaux, Tolkien est un des plus grands écrivains du XXe siècle, grand écrivain catholique, et un grand savant linguiste.

      • Vendredi 25 Octobre à 21:14

        Je vais encore vous décevoir Marie-Gabrielle, je n'ai pas lu Tolkien, je n'aime pas du tout ce genre, il m'ennuie...

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :