• Le fantôme de la Toussaint...

     

     

    Autrefois, quand nous avions quinze ou seize ans, avec des amies et deux de mes cousines, nous avions fondé un « club de poésie », il n'y avait pas de thème imposé chacune écrivait ce qu'elle voulait, poésies ou historiettes... et le jeudi venu (c'était le jeudi que nous avions notre jour de vacances durant la semaine), nous nous réunissions chez l'une ou l'autre pour lire nos « œuvres ».

     

    Il nous fallait beaucoup de courage (aujourd'hui on dirait « s'assumer ») pour offrir nos écrits à l'admiration, mais aussi parfois aux critiques ou alors à la moquerie du club, car nous ne nous passions rien !

     

    Heureusement à 4 heures, nous avions droit à un délicieux goûter pour remonter le moral de celles qui avaient été moquées.

     

    J'ai continué à écrire, et je vous offre aujourd'hui cette historiette écrite durant une nuit où je suis restée éveillée, la lune peut-être ?

     

    Liviaaugustae

     

     

     

    Le fantôme de la Toussaint...

    (image internet)

     

     

     

    C'était à la Toussaint...

     

     

     

    Elle se rendait chez ses parents pour les fêtes de la Toussaint, elle avait tenu bon contre les récriminations de son ami qui désirait qu'elle resta auprès de lui pour ces fêtes ils s'étaient presque fâchés. Il avait pourtant raison sur une chose, le temps était épouvantable et après les bouchons à la sortie de la ville, la circulation très dense sur la quatre voies et sa journée de travail, elle était très fatiguée.

     

    Elle conduisait maintenant sur une petite route de campagne étroite bordé d'arbres qui conduisait à la gentilhommière de ses parents, d'habitude, elle aimait cette route qui était charmante sous le soleil, mais de nuit comme ce soir, avec le vent qui hurlait en ébouriffant les arbres et la pluie qui malgré les essuies-glace, dressait devant les phares un mur liquide, elle ne l'appréciait plus du tout, la campagne baignait dans un brouillard humide et visqueux.

     

    Elle grelottait, le chauffage de la voiture fonctionnait mal, elle se rendit compte qu'elle avait très faim aussi elle rêvait de s'asseoir à table devant la cheminée pour dîner en famille... elle freina brutalement et le moteur cala.

     

    Au milieu du chemin une forme blanche tremblait sous la pluie, elle ne distinguait pas grand chose à travers la vitre du pare brise, mais brusquement, un visage sanguinolent noyé d'eau se colla à la vitre et lui glaça le sang.

     

     

     

    Le fantôme de la Toussaint...

    (image internet)

     

     

     

    Maintenant, elle tournait avec nervosité la clé, le moteur toussota et ronronna, elle put enfin s'éloigner de ce fantôme de pluie qui resta sur le chemin désert.

     

    La peur lui serrait le ventre et c'est avec soulagement qu'elle aperçut les grilles du jardin, elle se mit à klaxonner dans la nuit, pourtant elle savait que personne ne l'entendrait avec les hurlements du vent qui semblait avoir forci.

     

    Elle appuya sur le bouton de la télécommande et la grille s'ouvrit lentement pour se refermer derrière la voiture en chuintant.

     

     

     

    Le fantôme de la Toussaint...

    (image internet)

     

     

    A travers les arbres et la pluie, les lumières tremblotaient aux fenêtres du salon, signe qu'elle était attendue, elle attrapa son sac sur la banquette arrière, remonta la capuche de son imper et couru sous la pluie vers la porte, mais chose étrange elle-ci n'était pas fermer et battait doucement avec le vent.

    Elle entra en criant – Papa - Maman- ? Pas de réponse ! Le cœur battant, elle resta plantée au milieu de l'entrée écoutant le silence.

     

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    Elle ne savait pas depuis combien de temps elle était figée dans l'entrée, rien ne bougeait dans la maison Elle tremblait de tous ses membres, le visage de sang et de pluie contre sa vitre la hantait, que s'était-il passé ici ce soir  ? où étaient-ils tous ? Que découvrirait-elle si elle entrait dans le salon ?

    Elle n'osait pas bouger le souffle court. Même Orion* le chien , ne s'était pas montrer ce qui était inhabituel, il se précipitait toujours pour l'accueillir en réclamant ses caresses.

    Une bûche craqua et s'effondra dans la cheminée du salon voisin, elle sursauta. Il fallait bouger, il fallait qu'elle aille voir. Elle prit son portable dans la poche de son imper et le serra à le briser et doucement presque sur la pointe des pieds elle se dirigea vers la porte de salon...

    Elle fit deux pas et entra prudemment dans la pièce pour y jeter un coup d'œil. Tout était comme d'habitude, le feu brûlait dans la cheminée, le journal que lisait son père était posée sur la table à côté du cendrier sur lequel il avait posé sa pipe. Le tricot que sa mère avait commencé était resté sur le fauteuil qu'elle occupait le soir depuis toujours. Immobile sur le seuil, elle regardait sans comprendre. Alors pourquoi n'étaient-ils pas là ?

    La porte de l'entrée qu'elle avait laissée ouverte se referma en claquant elle entra précipitamment au salon et se plaqua derrière la porte, les pas et les voix des arrivants se dirigeaient vers elle, la porte s'ouvrit...un flot de chaleur l'envahie, Orion se jeta sur elle en aboyant joyeusement, ses parents suivaient ainsi que son frère et sa sœur. Alors elle se mit à pleurer doucement, les épaules secouées de gros sanglots.

    Sa mère lui enleva son imper trempé, elle se blottie dans ses bras , elle tremblait encore.

    Ils lui expliquèrent qu'il y avait eu un accident à la ferme d'à côté et qu'ils étaient tous allé pour aider le fermier, sur le chemin leur fille Gisèle avait été blessée à la tête par une branche et était revenue couverte de sang, les pompiers l'avaient emmenée aux Urgences.

    Elle éclata d'un rire nerveux, en repensant au fantôme qui l'avait terrorisé et qui n'était à coup sûr, que la pauvre Gisèle blessée à laquelle elle n'avait même pas porter secours. Toute la famille la regardait ahurie.

    Alors, entre deux fous rires elle leur raconta sa méprise, sa rencontre avec Gisèle et combien elle avait eut peur en la prenant pour un fantôme...

     

    *Orion : fut notre deuxième chien, il ressemblait à Pacha physiquement roux et noir, en plus obéissant mais aussi... en moins amusant !

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Mercredi 7 Novembre à 06:48

    ta nuit avait dû être très tourmentée.....waouu quel stupéfiant récit....tu m'en donne la chair de poule.....passe une bien douce journée

    2
    Mercredi 7 Novembre à 08:15

    Une très belle composition Livia, tu avais déjà une belle plume.

    Bises et bon mercredi

      • Mercredi 7 Novembre à 11:39

        Bonjour Zaza,

        Je ne sais pourquoi la veille du jour des morts je n'arrivais pas à dormir, et ce petit truc me trottait dans la tête alors je me suis mise à mon bureau et j'ai écris jusqu'à 6h, après quoi, j'ai été me coucher et mes suis sortie du lit vers 11h.

        Bises et belle journée

    3
    Mercredi 7 Novembre à 10:11

    Bonjour Chantal. Ta nouvelle est très bien écrite et le suspense maintenu jusqu'au bout. Bravo et bonne journée ! Bisous

      • Mercredi 7 Novembre à 11:40

        Bonjour Brigitte,

        Merci c'est gentille. J'adore écrire et quand je ne dors pas la nuit, c'est ce que je fais le plus souvent, sauf si j'ai un bon livre...
        Bious et belle journée

    4
    Mercredi 7 Novembre à 10:40

    Bravo Chantal, tu sais tenir en haleine tes lecteurs, j'ai beaucoup aimé ton histoire et les photos ajoutent du suspens.

    Bisous bisous 

      • Mercredi 7 Novembre à 11:42

        Bonjour lili,

        Merci, je suis ravie que ma petite histoire de fantôme vous ait plu, j'ai passé des heures sur internet à chercher les images correspondantes à mon récit...et tant mieux c'est réussi!

        Bisous bisous

    5
    Mercredi 7 Novembre à 17:47

    Une belle idée ce club de poésie, tu m'as donné la chair de poule avec ce récit

    Bises & douce soirée

      • Mercredi 7 Novembre à 21:12

        Bonsoir Laure,

        Ce club nous apporté beaucoup, des fous rires car il y en avait une qui racontait ses histoires d'une façon très amusante, je garde un souvenir ému de ce club du jeudi.

        Bises et douce soirée à toi aussi

    6
    Mercredi 7 Novembre à 19:57

    Pas le temps de tout lire car je suis rentré tard du boulot, mais parler sans y être n'est pas facile, mais le fantôme vue, le visage donne des mots à écrire.

      • Mercredi 7 Novembre à 21:13

        Bonsoir Christian,

        C'est gentille d'être passé me faire un coucou malgré ta rentrée tardive, merci

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