• Les ballons rouges...

     

     

     

    Littérature

    Envol de ballons de toutes les couleurs…

     

    LA SUPERIORITE DES BALLONS ROUGES…

     

    La supériorité des ballons rouges sur les avions, c’est qu’ils ne vont nulle part.

    Grappes de Chanaan dont la pointe est tournée vers le ciel, ils voyagent lestés du marchand qui les égrène dans de petites mains. Chaque enfant qui tient un ballon rouge est un enfant perdu. Il est perdu pour la vie réelle, pour les tartines et pour un avenir administratif. Il ne suit plus sa mère, il suit son ballon. Il ignore les gifles et regarde ses pieds avec dédain. Il sait désormais que les plus beaux fruits ne sont pas ceux que l’on met dans du coton hydrophile comme de grands malades, ni ceux qui, par-dessus les murs, tentent les maraudeurs et dégoûtent les renards.

    Ce sont ceux qui n’ont pas de patrie, ceux qui n’ont pas de saisons ni de jardiniers, ceux qui se gonflent sans soleils et sans sucs, ceux dont la tige n’a pas de racine terrestre, mais telle la corde lancée par le fakir, part de l’inconnu pour monter vers l’infini.

    Ballons rouges, pommes sans poids, fruits légers, que vous êtes lourds. Lourds comme tout ce qui n’a pas de chair. Seul l’esprit comble et sustente votre contour parfait. Aucune erreur n’est permise à l’exquise enveloppe qui vous sépare de l’univers. Elle est tendue selon la courbe qui s’établit autour des pensées mûres, exacte, vigilante et d’un grain sans défaut.

    Terres sans tares, lunes sans cratères, saturnes sans anneaux, les ballons gravitent selon leurs lois, en marge du système solaire.

    Traînant l’enfance satellite, ils errent, choisissent, égarent, inspirent et s’en vont. Peut-être sont-ils la ronde maison de l’elfe et de la fée, la prison des âmes, le pollen de Brocéliande, l’asile des songes perdus, les messagers de l’au-delà.

    On pourrait croire parfois qu’ils nous échappent. Mais se sont eux qui s’ennuient et qui nous laissent tomber. Jamais les ballons rouges ne restent longtemps parmi les humains. Notre densité entrave leur vol. Les uns montent, sans ailes, comme l’amour ; les autres meurent. La mort d’un ballon rouge ressemble à la naissance d’un coquelicot.

    Germaine BEAUMONT

    Extrait de : Si je devais…

     

    Ils ne sont pas  forcément tous rouges, les ballons des rêves !

    Ils sont de toutes les couleurs, et s’envolent au gré du vent, au gré de l’ennui ou de la joie dans le ciel de nos vies…

     Les enfants, qui connaissent bien les ballons, savent cela, ils les délaissent assez vite pour s’en aller vers d’autres jeux, d’autres joies, vers des ailleurs connus d’eux seuls…

    Liviaaugustae


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