• Les malles...

     

     

     

     

    Littérature

    Malle de voyage de la chambre de la Reine Marie-Antoinette.

    « En dos d’âne en forme de bahut », en bois, fer et cuir.

    (XVIIIe siècle)

     (Image Wikipédia)

     

     

    LES MALLES SONT…

     

    Les malles sont, au même titre que les drapeaux et les poissons rouges, des accessoires de prestidigitation. Les malles ont quatre côtés et cinq dimensions. Quelle que soit la dimension d’une malle, elle est toujours trop petite. Par un phénomène curieux, une malle ne ferme jamais au moment de la rentrée même si elle contient moins d’objets qu’au moment du départ. Des industriels optimistes ont essayé de perfectionner les malles. On ne perfectionne pas les malles, on les subit. Les malles ne sont commodes que quand elles sont ouvertes et vides dans une vitrine. La preuve que les malles ne sont pas faites pour voyager, c’est qu’elles n’ont pas de pieds. Le symbole de l’inertie, c’est une malle.

    On reconnaît les objets que l’on doit mettre au fond de la malle à ce que ce sont toujours ceux dont on se souvient au dernier moment.

    Le couvercle de la malle est le socle du voyageur. Les malles s’ouvrent toutes seules, mais il faut toujours être à plusieurs pour les fermer. C’est toujours avec les bêtes sédentaires que l’ont fait cuire les malles. Ni les vaches ni les porcs ne montent dans les trains, sinon pour mourir. C’est ce qui explique la psychologie des malles. Personne, pas même Paul Morand, ne sait faire une malle, mais tout le monde le croit. Les seules malles qui arrivent infailliblement à destination sont celles qui contiennent un voyageur. Le chien de la maison pleure quand il voit une malle. Ce qu’il faut mettre dans les malles, c’est ce qu’on n’emporte jamais ; des châles cachemire, du camphre et « Les Voyages de M. de La Harpe ». Les malles des fous sont dans les fourgons. Les malles des sages sont dans les greniers. La boîte de Pandore était une malle, avec l’espérance en moins. Le plus grands des voyageurs, Ulysse, n’avait pas de malle. Il est dangereux d’avoir une malle, parce qu’on finit par vouloir s’en servir. Les malles concourent à la fécondation des hôtels, en promenant leurs étiquettes comme un pollen.

    L’homme heureux se reconnaît à ce qu’il a vendu sa malle pour s’acheter une chemise.

    Une consigne est plus triste qu’un cimetière.

    Malle est le féminin de mal !

    Germaine BEAUMONT

    Extrait de : Si je devais…

     

    Si je devais… avoir une malle, je la remplierais, et je m’en irais voyager…

    Je n’ai que des valises, et je pars avec, même si je dois, (surtout au retour, demander de l’aide pour les fermer), c’est merveilleux de ramener des tas de choses (qui une fois à la maison, il faut bien l’avouer, ne servent plus à rien), quand, après les vacances, on revient, avec un peu de cafard et que tout ce qu’on a achetées, sur des coups de cœur… ne va nulle part ! On les met au grenier.

    Je pense que c’est pour cela que trois ou quatre générations plus tard, on découvre dans lesdits greniers de petites merveilles, que  l’on sort des vieilles armoires,  en disant négligemment : « j’ai trouvé cela dans le grenier de ma grand-mère » !

    Liviaaugustae


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