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    PARFUMS FEMININS & MASCULINS

     

     

    La différenciation entre parfums féminins et masculins est aussi des plus récentes. Elle est strictement occidentale.

    Le Christ accepte que Marie-Madeleine lui verse un plein vase de parfum sur  les pieds.

    Au XVIIIe siècle, les petits marquis allaient poudrés et parfumés comme des cocottes. Les Muscadins du directoire répandaient de puissants effluves sur leur passage […]

     

     

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    Portrait de groupe de François Hubert Drouais XVIIIe siècle.

    (National Gallery Of Art Washington)

     

    La sexualisation du parfum découle de l’Hygiénisme qui envahit l’Europe à la fin du  siècle dernier et du puritanisme anglo-saxon selon quoi, un homme, un vrai, ne se parfume pas, sent le propre ou la sueur […]

    Il faut attendre 1968 et la génération hippie pour que s’effiloche la méfiance. Et que se fasse sans transition, le passage de l’eau de Cologne au santal de Katmandou. Excès ?

    Sans doute, mais comme toute transgression, il permet une salutaire déculpabilisation…

    Trente ans plus tard les nez ont été éduqués, les mœurs ont évolué.

    Les parfums pour homme s’enroulent de plus en plus souvent dans les fleurs, les fruits, les résines, les épices et les bois […]

     

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    Affiche de René Gruau pour « eau sauvage » de Christian Dior.

     

    Ou encore,

     

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    Affiche publicitaire réalisée pour « CK ONE » de Calvin Klein.

    Parfum un peu androgyne, partagé indifféremment par les hommes et les femmes. L’argumentaire du marketing est donc tourné vers les signes extérieurs de féminité enrubannée, de virilité massive et bien carrossée.

    On imagine mal une dame en vison s’offrant un vaporisateur de Drakar noir de Guy Laroche…

    Ou un monsieur raisonnable s’enroulant dans « Shalimar » de Guerlain…

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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    LE PARFUM DANS LA LITTERATURE…

     

     

    De tout temps les poètes ont célébré les « odeurs ».

    Tel celui du magnifique Cantique des Cantiques : « Elle est un jardin bien clos, ma sœur, ô fiancée ; […] un verger de grenadiers, avec les fruits les plus exquis : le nard et le safran, le roseau odorant et le cinnamome, avec tous les arbres à encens ; la myrrhe et l’aloès, avec les plus fins arômes. »

    Au IIe siècle, le Persan Saadi écrit dans le Gûlistan : « Mon propos fut, tel le santal, aux feux de l’image de me consumer, laissant le parfum envahir le monde. »

    A l’exception notable de Michel de Montaigne, la rencontre du parfum et de la littérature française ne se fit qu’au siècle dernier. Pour être toutefois des plus fructueuses.

    De Charles Baudelaire :

    « Des parfums frais comme des chairs d’enfants,

    Doux comme des hautbois, verts comme des prairies. »

     

    A Emile Zola « somptueuse évocation olfactive du quartier des halles »  dans : le ventre de Paris.

    En passant par J.K Huysmans dont le héros  de : A Rebours, « Des Esseintes, composent des accords pour voyager dans le temps »,

    Ou Colette dont la plume sait admirablement évoquer les sensations gustatives et olfactives « Le gardénia : une fleur d’oranger imaginaire, un mousseron crû en une heure ».

     

     

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    Colette dans sa propriété à Auteuil vers 1925.

     

     

     

     

     

     

    Sans oublier Marcel Proust pour qui,  lorsque tout à disparu, l’odeur porte encore, « presque impalpable, l’édifice immense du souvenir ».

     

     

     

    Une écharpe de narcisse flottant dans la brise, une bouffée de vieux papiers saisie au vol, et soudain un pan du passé resurgit, qui nous laisse pantois, laminé par l’intensité de cette résurrection. Il n’y a pas de parfum sans mémoire.

    

     

    Offrir un parfum, écrit Diane Akerman dans : Le Livre des sens, « c’est offrir de la mémoire liquide ».

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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    LES ESSENCES EN OCCIDENT.

     

     

    « [C’est sur le Pont-au-Change] qu’était située la maison, à la fois magasin et domicile, du parfumeur et gantier Guiseppe Baldini […]. Son assortiment allait des essences absolues, huiles florales, teintures, extraits […], et enfin à un nombre infini de parfums proprement dits. »

    Patrick Süskind, extrait de : Le Parfum (1985)

     

    La parfumerie médiévale reste entravée par des moyens techniques et des produits.

    Elle est esquissée à l’époque carolingienne, elle émerge au XIIIe siècle grâce au pouvoir d’achat et au désir de paraître d’une classe en cours d’ascension sociale : la bourgeoisie.

    Cette activité se limite à de modestes produits : poudres végétales, eaux, baumes, huiles, résines, mélanges formant des pâtes sèches à brûler dans des diffuseurs, tels les couteux « oyselets de Chypre », ou plus simplement à placer dans des sachets et de petites boites de senteur.

     

     

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    Boutique de parfums et onguents XIIe siècle. Chapiteau roman.

     

    (Museo di Storia de Arte Mediovale e Moderna Modène)

     

     

     

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    Le marchand d’encens. Miniature extraite du Tractabus de herbis de Dioscoride, manuscrit du XVe siècle

     

    (Bibliotheca Estense Modène)

     

     

     

     

    Au XVe-XVIe siècle, les travaux des botanistes allemands et des ingénieurs vénitiens améliorent l’alambic, augmentent le nombre des huiles essentielles extraites par distillation et permettent la naissance de la parfumerie alcoolique, qui fut introduite en France par les Florentins accompagnants Catherine de Médicis.

     

     

     

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     Alambic, gravure sur bois XVIe siècle.

     

     

     

     

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    Le Bain. Tenture de la Vie seigneuriale. Début du XVIe siècle.

    ( Musée National du Moyen Age Paris)

     

     

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    Habit de parfumeur. Gravure de Bonnard, XVIIe siècle.

    (Musée Carnavalet)

     

     

     

    Les produits parfumés sont chers et l’apanage des élites. Simon Barbe, parfumeur du Dauphin, écrit en 1699 un précis qui donne la liste de ceux qu’un homme bien né se doit d’utiliser : il parfumera ses gants (parfumeurs et gantiers forme un même corps de métier).

     

     

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    Gantière-parfumeuse au XVIIIe siècle (gravure).

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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    PARFUMS DE FRANCE…
     
     
    L’industrie de la parfumerie française, née à Grasse au XVIIIe siècle, domine l’Europe au siècle suivant. C’est à Paris, dans les « années folles », que s’opère une mutation capitale ; le parfum devient un produit de haute couture alors que, parallèlement il se démocratise.
     
    La parfumerie va connaître durant ces « années folles », une mutation sans précédent. 
     
     
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    Gabrielle Chanel, ou Coco Chanel.

     

     

    COCO Chanel, qui révolutionne l’image de la femme, sera la première à donner le ton.  Lorsqu’en 1921, Gabrielle Chanel décide de lancer un parfum à sa griffe, la mode est aux fragrances capiteuses et poudrées. « L’Ange exterminateur », comme l’appelle Jean Cocteau, est une révolutionnaire. Elle veut du jamais senti, « un parfum de femme à odeur de femme ». Sa rencontre avec le parfumeur Ernest Beaux sera décisive. L’époque est bouillonnante… Stravinsky, Picasso, Breton, Dada. Les compositions d’Ernest Beaux sont de la même veine.

    C’est pour alléger une première ébauche, saturée de jasmin somptueux, qu’il décide d’employer les aldéhydes aliphatiques, solutions dont la propriété (encore ignorée car personne n’a osé s’y frotter) est d’exalter les notes associées. Il choisit l’overdose. La légende parle d’erreur de manipulation : c’est un trait de génie.

    Quatre-vingt ans plus tard, Chanel n° 5 resplendit toujours d’un éclat unique, fulgurant.  De même le nom, quasi abstrait, et le flacon impeccable épure sont indémodables.

     

    « Dans la parfumerie, l’artiste achève l’odeur initiale de la nature dont il taille la senteur, et il la monte ainsi qu’un joaillier épure l’eau d’une pierre et la fait valoir. »

    Joris-Karl Huysmans : extrait de A rebours (1884)

     

     

     

     
     
     
     
     
    
     
     
     
     
     
     

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    LES PREMIERS PAS DE LA PARFUMERIE.

     

    Le parfum apparaît à l’aube des civilisations, en Egypte, à Sumer, en Chine ou en Inde.

     

     

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    Thoutmosis III offrant l’encens au dieu Amon, Egypte : XVIIIe dynastie

     

    (Musée du Louvre)

     

     

     

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    Alabastre à décor en relief, IIe siècle av. J.C.

     

    (Musée gréco-romain Alexandrie)

     

     

     

    Les substances odorantes sont utilisées aussi bien lors de rites religieux que pour les plaisirs de la vie quotidienne.

     

     

     

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    Femmes se parfumant. Tombe de Nakh, XVIIIe dynastie

     

    (Egypte vallée des Nobles)

     

     

     

     

     

     

    Elles apportent un raffinement supplémentaire en cuisine, leurs vertus trouvent des applications en médecine.

     

    L’échange des précieuses matières parfumées entraîne la création de routes commerciales, itinéraires tortueux et variables suivant les aléas de l’histoire.

     

     

     

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    Voyage d’Alexandre le Grand sur la mer de Chine.

     

    Manuscrit persan vers 1550

     

    (Saint Pétersbourg, Institut d’études orientales)

     

     

     

     

     

     

    Corinthe est la première à regrouper le négoce des aromates, la fabrication des parfums et de leurs flacons.

     

     

     

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    Femme versant du parfum dans un flacon.

     

    Fresque de la villa Farnesina, Ier siècle ap. J.C.

     

    (Musée des Thermes)

     

     

     

     


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