Vendredi 1er mai 2020
C'est le joli mois de mais qui commence aujourd'hui sous la pluie...
C'est le mois dédié à la Vierge Marie.
Mais aujourd'hui, c'est aussi la fête du travail...sans travail pour le moment.
Le cantique de Lourdes
Le clocher de la basilique de Lourdes
(image internet)
Prélude
Mes amis, venez entendre
L’histoire pieuse et tendre
Arrivée en mon pays
Où les eaux vives bruissent.
Elles tombent et puis glissent
Le long des champs de maïs
Et sur les prés qu’elles lissent
Comme ceux du paradis.
La montagne est suspendue
Au-dessus de l’étendue ;
On dirait que dans ses mains
C’est un ange qui la tient
Comme une longue guirlande
Faite de fleurs de lavande,
De roses blanches et de lys.
C’est dans ce pays béni
Où chantent autant de feuilles
Que l’on peut compter de nids,
Si les cœurs qui se recueillent
Sont les nids de l’infini,
C’est dans ma claire Bigorre
Que l’Étoile de l’Aurore
S’est montrée à une enfant.
La Sainte Vierge Marie
Aime les belles prairies
Qui sont au bord des torrents,
Ou bien les rochers penchants
Sur le miroir des eaux vives.
À Bétharram elle vient,
Un laurier dans une main,
Sur l’anfractueuse rive.
À Sarrance, un peu plus loin,
Une source la retient.
Notre-Dame de Fourvières
Est sur la colline altière.
Et c’est d’un rocher marin
Que la Dame de la Garde
Commande d’un œil serein
À la tempête hagarde.
Elle vient parmi les fleurs,
Aux vertes feuilles amères
Des écumes éphémères,
Sur la falaise d’Honfleur.
Au penchant d’une vallée
Sa maison s’est envolée.
Vous voyez, c’est le rocher
Qu’elle semble rechercher.
N’est-il dit, dans le Cantique,
Que la Colombe mystique
Y vole pour y nicher ?
Lourdes a été choisie
Et sa douce mélodie
Sort encore du rocher.
Ce flot qui coule et roucoule
J’ai appris ce qu’il contient :
Les pleurs âcres d’une foule,
Mais aussi l’unique bien :
Celui que me donna Lourdes
Un jour que, l’âme trop lourde,
Croyant n’espérer plus rien,
J’allai m’y laver les mains
Et que, les sortant soudain,
Je vis dans leur pauvre argile
Briller comme en un écrin
Les perles de l'évangile
Francis Jammes
« En France, on ne connaît au mieux de Jammes que ses premières œuvres, les plus libres et sensuelles.
Il posa plusieurs fois, mais en vain, sa candidature à l'Académie française (Quand on voit ceux que l'on y fait entrer aujourd'hui, on ne comprends pas ce refus ! Livia)
Et tandis qu'en France on ne connaît pas ou peu Francis Jammes, sauf quelques poésies
À l'étranger, et spécialement en Allemagne, en Autriche et Suisse alémanique, ainsi qu'au Japon, en Chine, en Lettonie et aux Etats-Unis, toute son œuvre, est encore aujourd'hui très vivante. Elle a enchanté Rainer Maria Rilke (qui en témoigne aux premières pages des Cahiers de Malte Laurids Brigge), Ernst Staller (qui a traduit ses Quatorze prières), l'éditeur Kurt Wolff (qui a publié une magnifique édition illustrée de son Roman du lièvre (Hasenroman), Kajka (qui dans son Journal avoue le bonheur éprouvé à la lecture de Jammes), Ilon Pillat (qui en plus d'être son traducteur en Roumanie lui rend hommage dans le poème (Ici même arriva jadis) et beaucoup d'autres. Toute son œuvre en prose ou presque a été traduite et publiée par Jakob Hegner de Leipzig. »
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