Apollon citharède
Fresque exécutée entre 27 avant J.C. Et 14après J.C. Représente le dieu des arts dont Ovide chante les aventures dans les métamorphoses, elle se trouvait dans la maison d’Octave/Auguste sur la Palatin.
« Nul autant qu’Apollon n’a d’arts en main. Il a dans son lot et l’archer et l’aede, car l’arc est son bien et le chant aussi. A lui prophétesses et devins ; et de Phébus aussi les médecins tiennent la science de retardé la mort. Phébus, nous l’invoquons comme pasteur aussi… C’est sur les pas de Phébus qu’on trace l’enceinte des cités ; Phébus se plaît à leur établissement, et sa main en bâtit les fondements »
(Callimarque, hymne à Apollon)
Fils de Létô et de Jupiter, frère de Diane, Apollon conjugue en sa personne nombre d’attributs et d’aspects pouvant apparaître contradictoires. Mais au-delà de ses multiples facettes, il est avant tout le dieu toujours beau, toujours jeune, dont la chevelure jamais coupée couvre les larges épaules.
Dès sa naissance dans l’île de Délos, Apollon affirme d’emblée son autorité : « Qu’on me donne ma lyre et mon arc recourbée. Je révèlerai ainsi dans mes oracles les desseins infaillibles de Zeus »
(Hymne Homérique)
Voici donc défini les deux instruments indispensables à son pouvoir et à ses divers modes d’action. Si le premier assure la fonction sacrée de communication entre les hommes et les dieux, le second apparaît quand à lui, comme le symbole même de la violence guerrière.
Il faut soulever l’ambivalence de l’épithète Phébus qui qualifie Apollon : il est le brillant, mais aussi celui qui apporte la terreur ; le pur mais également celui dont l’épiphanie terrorise et frappe de stupeur même ses protégés.
S’il est le dieu à la lyre, Apollon est aussi le dieu à l’arc. Comme Jupiter et la foudre, Apollon est le dieu qui frappe de loin. Or, ses flèches apportent aussi bien la maladie que la mort. C’est pourquoi, certains linguistes pensent que son nom dérive directement du verbe apollunai qui signifie faire périr. Mais ambigu lui aussi, ce même arc peut devenir bénéfique et protecteur et repousser ainsi le danger.
Ainsi il paraît intéressant de comparer deux types de sculptures traduisant tant l’évolution stylistique que cultuel : d’une part le type de l’Apollon de Cassel de Phidias auquel se rattache l’Apollon citharède et d’autre part l’Apollon sauroctone de Praxitèle.
Apollon citharède de Phidias.
Aux alentours de 460 avant J.C.
(Musée du Louvre)

Apollon sauroctone ; tueur de lézards.
Marbre, réplique romaine d’après un original en bronze de Praxitèle vers 350 avant J.C.
(Il tenait dans une main son arc, dans l’autre une flèche, les deux ont disparus : ils étaient en or)
(Musée du Louvre)
Apollon du Belvédère, copie romaine d’après un original grec, du IVe siècle avant J.C. de Leochares.
(Musée du Vatican)
Apollon de Lillebonne, bronze doré Gallo-romain du IIe siècle après J.C.
(Musée du Louvre)

Apollon inspira aussi le XVIIe siècle,
(Classique français, cette statue fait partie de la grande commande de Louis XIV, pour les jardins de Versailles).
Comme le disait Sacha Guitry: « les rois ne dépensent pas notre argent, ils nous le mettent de côté ». Aujourd’hui, grâce à eux, nous avons des trésors partout en France !
Livia