La prière des anges…
Le Saint-Sacrement adorés par les anges
(Musée des Beaux-Arts de Budapest)
Le Saint-Sacrement adoré par les anges, est un tableau de Gaudenzio Ferrari (1475-1546).
Quatre anges adolescents adorent le Christ eucharistique. Les deux au premier plan sont agenouillés symétriquement et soutiennent l’Hostie, sur laquelle est moulée l’image d’une crucifixion.
Elle est exposée dans un ostensoir-monstrance en or ou vermeil et cristal, de la forme médiévale d’avant le concile de Trente.
Une vingtaine d’année après la mort de Ferrari, le Concile imposa les ostensoirs-soleil et interdit les monstrances qui pouvaient par leur forme, être confondus avec les reliquaires contenant les ossements des saints.
Les deux anges au second plan adorent la Présence réelle, les mains jointes ou croisées sur la poitrine. Leurs robes de satin noblement drapées, aux manches brodées d’or, leur confèrent beaucoup de noblesse. Les couleurs, intenses mais retenues, se répondent symétriquement en une composition harmonieuse qui est le propre de la Renaissance : rouge et bleu canard, jaune d’or et vert foncé.
Tous les quatre font preuve du plus grand recueillement. Leur attitude est celle des anges adorateurs que l’on voit en statues de part et d’autre des tabernacles, surtout au XVIIe et XVIIIe siècles, dans l’art baroque d’après le concile de Trente. Ferrari est un précurseur de ce sentiment d’intense dévotion eucharistique et d’adoration, qui se développera davantage à partir du XVIIe siècle, comme un des plus beaux fruits de ce concile.
Gaudenzio Ferrari, naquit dans le Piémont, tout au nord de l’Italie, à Valduggia, dans la Vallée alpine la plus septentrionale de la péninsule. Il mout à Milan.
Cet artiste de la Renaissance assez peu connu et pourtant attachant, au style simple et doux sans mièvrerie, fut influencé par la manière suave du Pérugin et de Luini et les premières œuvres du jeune peintre Léonard de Vinci. Mais aussi par celle plus ferme, de Verrochio et des Florentins du Quattrocento, et par les gravures de Dürer.
Malgré sa carrière de peintre religieux dans les églises de Milan, de Lombardie et du Piémont, Ferrari œuvra dans l’église paroissiale de Varallo, proche de Valduggia, qu’il couvrit de fresques sur la vie du Christ.
Il peignit aussi des fresques de certaines chapelles du Sacro Monte de Varralo, célèbre lieu de pèlerinage.
(Ferrari est un nom porté par plusieurs peintres de la Renaissance en Italie du nord « Piémont et Emilie », sans lien de parenté entre eux. Et ils ne doivent pas être confondus avec la dynastie de peintres génois aux XVIIe et XVIIIe siècles, les De Ferrari.)
L’ostensoir-monstrance en or ou vermeil et cristal, de la forme médiévale d’avant le concile de Trente.
Ange, en haut à gauche du tableau, mains jointes adorant la Présence réelle.
Marie-Gabrielle LEBLANC