La
mosaïque du « Christ entre la Vierge et Saint Jean », orne depuis 1207 la façade romane de la cathédrale italienne de Spolète.
Nous
sommes à la charnière entre l’art byzantin et les débuts de l’art italien occidental. Cette mosaïque est proche du thème byzantin de la Déisis (mot grec signifiant « supplication),
l’intercession auprès du Christ de la Vierge et de Saint Jean Baptiste en faveur de l’humanité. C’est un abrégé du Jugement dernier.
Ici,
le Baptiste a été remplacé par l’évangéliste adolescent. Mais l’occident préfère généralement le thème du Jugement dernier complet avec l’enfer et le paradis, et le Christ entouré par Marie et
Jean Baptiste.
Le
Christ tient le livre ouvert où est écrit en latin : « Je suis la Lumière du monde ». Les initiales grecques sont l’abréviation, usuelle dans les icônes, de « Iesous
Christos ». En revanche, « Sancta Maria » et « Sanctus Iohannes » sont écrits en latin. La mosaïque est signée par Solserius, en bas en une longue inscription
latine.
Spolète
est une des plus belles villes d’Ombrie, dans la province de Pérouse, à 50 km au sud d’Assise. Sa cathédrale a été achevée en 1198. Saint François arpenta inlassablement cette région. Il avait
25 ans lorsque fut achevée cette mosaïque, qu’il eut l’occasion de contempler. Deux ans plus tôt, il fit à Spolète un rêve déterminant pour sa vocation et l’abandon de sa carrière de
chevalier.
Saint Jean tient un livre fermé qui
représente son évangile