LE BAPTEME DU CHRIST
(Aujourd’hui les catholiques fêtent le Baptême du Christ)
Le Baptême du Christ est une sculpture en stuc de Johann Joseph Christian, en l’église de l’abbaye bénédictine d’Ottobeuren en Bavière
(XVIIIe siècle)
Lumière Baroque :
L’Allemagne du Sud (Bavière, Franconie, Souabe, Wurtemberg) autour des Alpes et du Danube possède un foisonnement d’église et d’abbayes réalisées par les plus grands artistes ; c’est un sommet baroque européen.
Ottobeuren est le plus grand monastère bénédictin d’Allemagne. Il fut fondé au VIIIe siècle, mais entièrement reconstruit de 1711 à 1768.
La nef a une particularité rare : elle est orientée vers le sud et non vers l’est. Ainsi, la lumière du soleil couchant y progresse latéralement et éclaire successivement toutes les statues d’anges et de saints du côté est (gauche), dont certaines sont des chefs-d’œuvre.
Cela les rend comme vivantes.
De même le matin pour le côté occidental (droit). Le Baptême est donc éclairé le soir.
L’artiste :
Un maître de l’art du stuc, Johann Joseph Christian (176-1777) est un bavarois né sur les bords du Danube. Il travailla à Ottobeuren pour les bénédictins de 1755 à 1768, sculptant dans le stuc et le bois les stalles, les statues sur les autels, l’orgue de chœur, le mobilier, en collaboration avec un autre artiste remarquable, Johann-Michael Feichtmayr.
Ils avaient déjà travillé ensemble dans une autre somptueuse abbaye, Zwiefalten, et Christian décora ensuite de nombreuses églises paroissiales, de pèlerinage ou conventuelles dans toute la Bavière.
Avec les frères Assam, Jean-Baptiste Zimmermann, Straub, Günter, Schmädl, Christian a porté au plus haut niveau l’art su stuc (poudre de marbre agglomérée avec de l’eau, moulée, et qui devient si dure qu’on peut la sculpter comme le marbre). Cependant, sa légèreté autorise la virtuosité et toutes les audaces de formes. Les églises d’Allemagne sont décorées selon cette technique, car le marbre d’Italie était trop lourd pour le faire venir de si loin.
Dans la lumière de l’Esprit Saint.
A la croisée du transept, face à la chaire du prédicateur qu’il équilibre, le groupe du Baptême du Christ (de taille humaine) qui surmonte les fonds baptismaux est le second aboutissement visuel de la nef après le maître-autel.
La niche en stuc de style rocaille est traitée comme une grotte au bord du Jourdain, avec des stalactites. Dans une gloire de nuages environnée d’anges, apparaît la colombe du Saint-Esprit, dont un rayon doré descend très bas sur la tête de Jésus agenouillé.
Son attitude est empreinte d’une extraordinaire noblesse dans l’humilité, de respect pour son Père qui se manifeste en cet instant. Son visage, d’une grande beauté, est paisible et légèrement souriant.
Jean-Baptiste, qui tient une mince croix dorée à laquelle est accroché un phylactère (banderole) où est écrit Agnus Dei, est un prophète inspiré, aussi mouvementé dans son attitude que le Christ est immobile. A demi-agenouillé sur un rocher, il verse d’une coquille quelques gouttes d’eau sur le front de Jésus. Il semble pencher vers les fidèles qui célèbrent en dessous le sacrement du baptême.
Marie-Gabrielle LEBLANC
Extrait de : Famille Chrétienne
C’est tout simplement : Sublime !
Liviaaugustae