Par Liviaaugustae
ORGUEIL & VANITE…
David Bailly autoportrait avec symboles de vanité (1651).
(Leyde Stedelijk Museum De Lakenhal)
« En 1651, âgé de 67 ans, David Bailly s’apprête à faire le bilan. Le peintre regarde le spectateur avec insistance. Rajeuni par la magie de l’art, il pose dans une attitude avantageuse, affirmant haut et fort son statut social, et sa notoriété d’artiste. S’il a voulu fixer pour l’éternité un visage dont il est nostalgique, il n’en tient pas moins de la main gauche l’autoportrait qu’il vient de réaliser. Le contraste est frappant, la comparaison douloureuse, malgré le port beau et noble du sexagénaire qu’il est devenu : Tempus fugit.
Sur la table sont déposés mains objets suggérant le passage inexorable du temps, avec lequel est mis en scène le drame d’un monde bientôt réduit au silence…
« Si le jour de la foi n’éclaire la raison,
Notre goût dépravé tourne tout en poison ;
Toujours de notre orgueil la subtile imposture
Au bien qu’il semble aimer fait changer de nature,
Et dans le propre amour dont l’homme est revêtu,
Il se rend criminel même par sa vertu. »
BREBEUF : Extrait de : Entretiens solitaires (1660).
Chapitre des sujets que nous avons de nous mépriser.
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