Par Liviaaugustae
22 septembre 2016
Ode à l'automne qui s'invite officiellement aujourd'hui !
Il est presque impalpable, cependant on le sent depuis quelques temps déjà, sculpter la nature à son gré.
Il barbouille le ciel de gris, ses nuages pleurent des gouttes insidieuses et ses écheveaux de brouillard traînent ici et là, tandis qu'un petit vent fait frissonner les arbres qui pleurent leurs feuilles jaunies...
Je regrette déjà l'été !
Liviaaugustae
Brume dans la prairie
(Image internet)
Ode à l'automne
Saison de brumes et des tendres moissons !
Automne, ami de cœur du soleil qui sans cesse mûrit ;
Tu conspire avec lui ; tu charges et tu bénis
De fruits les vignes qui s'enroulent autour du toit de chaume ;
Tu fais plier sous les pommes les arbres moussus du verger,
Tu mènes tous les fruits à maturité ;
Tu gonfles la courge et tu arrondis la coque des noisettes
Avec une douce amande, tu fais éclore encore
Plus de fleurs d'arrières saisons pour les abeilles,
Pour qu'elles pensent que les jours chauds resteront à jamais
Car l'été emplit à ras bord leurs moite alvéoles.
Celui qui cherche dans les champs te trouve
Assis sans souci sur le sol d'un grenier à blé,
La chevelure doucement relevée par le vent qui vanne ;
Ou bien endormi dans un sillon à demi moissonné,
Engourdi par la vapeurs des pavots...
Où sont les airs du printemps ? Oui, où sont-ils ?
N'y songe pas ; toi aussi tu as tes harmonies.
Tandis que les nuages bariolés fleurissent le jours qui meurt doucement
Et mettent une teinte rosée sur les plaines de chaume,
Alors, en un chœur attristé, les moucherons se lamentent
Parmi les saules de la rivière, portés vers l'azur
Ou s'enfonçant selon que la brise légère vit ou meurt.
Et les grands moutons bêlent au milieu des collines,
Les criquets chantent dans les haies, et l'on entend les trilles mélodieuses
Du rouge-gorge qui siffle dans l'enclos des jardins,
Et les hirondelles s'assemblent et trissent dans les cieux.
J. Keats
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