Par Liviaaugustae
Presque modeste, la Possonnière est à jamais la demeure d’un poète…
LA POSSONNIERE
Les bandes de gamins courent du manoir à la ferme, de la ferme aux sous-bois de la forêt de Gastine, effraient les bêtes, inquiètent les vieux ; parmi eux, le moins déluré n’est certes pas le petit Pierre qui aura bientôt douze ans.
Il est de la Possonnière, de chez les Ronsard, et on le dit sensible, d’un esprit fin. Il est né ici, au-delà de la porte ogivale vieille déjà de deux siècles, en septembre 1524, quelques années après que son père, soldat de François 1er , fut revenu des guerres d’Italie ; et il a été baptisé non loin de là, à l’église de Couture.
Sans aucun doute, on est bien ici au pays de Ronsard, dont les talents de poète vont illustrer les lettres de la Renaissance française.
Cette Renaissance, Louis de Ronsard, son père, l’a découverte au-delà des Alpes, et, de retour dans sa vallée du Loir, il en laisse la marque dans la demeure qu’il fait reconstruire. Sept entrées, cave, forge, cuisine, ou remises, mais aussi abri de pèlerins se rendant à Compostelle, sont surmontées de devises latines.
Dans la plus belle salle du manoir, une monumentale cheminée porte des « roses ardentes », l’emblème de la famille de Ronsard, mais aussi la salamandre de François 1er. A l’église de Couture, on voit les gisants des parents du poète.
Lui-même dispose pour résidence d’une maison à Vendôme et de prieurés que les derniers Valois lui ont offerts, et qui l’éloigne de la Possonnière ; le « gentilhomme vendômois » repose au prieuré Saint-Cosme, près de Tours.
Comme un bel hommage au poète, roses anciennes ou contemporaines peuplent la roseraie de la Possonnière, qui voisine avec un potager ; deux formes de jardins qui conviennent à la simplicité émouvante de l’endroit.
Mignone, allons voir si la rose
Qui ce matin…
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