L’HIVER
Aujourd’hui 21 décembre 2012 : C’est l’hiver!
Les arbres étendent leurs bras
dénudés…
Quelques oiseaux sautillent,
Sur la pelouse, en quête de graines oubliées.
C.F.
L’HIVER N’EST PAS UNE SAISON FACILE…
L’hiver n’est pas une saison facile ; on ne le chante pas, excepté quand il devient synonyme de neige. Alors les gens montent haut pour voir la neige, s’habillent comme des arlequins, qui se chausseraient de leurs battes, font des trous dans la neige, des sauts sur la neige ; ne s’aperçoivent pas que la neige est éternelle comme toute chose dont la destruction semble aisée, et s’assoient ensuite en tournant le dos au paysage pour attendre le printemps.
Que d’autres célèbrent les faiblesses du printemps. L’intelligence du monde n’est pas dans la naissance, elle est dans la mort. On sait ce qui va naître ; on ne sait pas où va ce qui meurt. Les paysages d’hiver ne sont qu’absences ! Seul survit l’essentiel d’architecture.
C’est en hiver seulement que l’on apprend comment les arbres étendent leurs bras, et combien les maisons ont de côtés. C’est en hiver que l’on voit où vont les fleuves, les routes et les allées des jardins. Rien n’arrête la pensée. Elle vole au ras des collines vers un ciel libre. La feuille bavarde et la rose courtisane ne sont plus. On ne discerne plus rien de ce qui plaît aux concierges. On s’aperçoit que les tonnelles sont limitées comme des cages ; que le cadastre est mesquin et que la vérité pourrait vraiment encore, si elle le voulait, sortir des puits. La terre, qui se donne que quand elle n’offre plus rien, résonne comme un tambour, ou, mouillée de pluie, roucoule sous les pas comme si l’on marchait sur la gorges des colombes. On regarde haut, on entend de loin, on entre dans des plans supérieurs. Les couleurs sont ce qu’elles sont, existant pour elles-mêmes, et non pour le plaisir qu’elles donnent ; réfléchies, non provoquées, abstraites, intégrales, pures. Les sons n’ont plus de franges. On perçoit très bien ce qu’un Dieu, éclairé enfin, reprend à son œuvre ; tout ce qu’il se décide à en éliminer d’inutile, tout ce qu’il envoie de sa noble main dans la corbeille aux objets de rebut. Et comment, avec ces miettes, l’être moyen qui ne lève jamais les yeux plus haut que le rebord des tables et qui ramasse les épingles dans les fentes des parquets pour les piquer dans des pelotes de satin rouge qui crient, reconstruit une nature selon son idée, une saison selon ses goûts. Comment il ramasse les petits bouts de bois pour en faire des patins, le gui pour en faire des superstitions, le froid pour en faire une industrie, et les petits oiseaux morts pour en faire des poèmes.
Germaine BEAUMONT
Extrait de : Si je devais…
D’après le calendrier grégorien (pas Mayas), aujourd’hui, l’hiver prend ses quartiers.
Donc pas de fin du monde ! Qui aura fait couler tant d’encre, tant parler, terrorisé les plus vulnérables… Mais fait rire beaucoup !
Bientôt, ce sera Noël !
Liviaaugustae