La duchesse et Reine en prières, enluminure de Jean Bourdichon
(503-1508)
Extraite des Grandes Heurs d’Anne de Bretagne (détail)
Anne est née le 25 janvier 1477 au château de Nantes. Fille aînée du duc François II, sa naissance est accueillie par un peuple en liesse. Car l’avenir du duché est assuré, la loi salique n’existant pas en Bretagne, Anne succédera à son père. Elle est de double ascendance royale, par son père et par sa mère.
Mariage avec le Roi Charles VIII, au château de Langeais.
Mariée une première fois, en 1491, au roi Charles VIII, puis, huit ans plus tard, à son successeur Louis XII, Anne fut reine de France à deux reprises.
« Louis XII et Anne de Bretagne »
Peinture anonyme du XVIe siècle
(Musée Condé à Chantilly)
Cela en fait déjà un cas unique. Unique elle le fut aussi en étant demeurée duchesse souveraine de Bretagne après être devenue reine de France. Les devoirs attachés à sa destinée royale et française ne lui firent jamais oublier ceux attachés à son duché. Et en signe de piété filiale envers sa patrie, elle avait exprimé la volonté d’y faire reposer son cœur.
Sous la direction éclairée de Françoise de Dinan, dame de Laval et de Châteaubriant, l’enfant reçoit une solide éducation : outre le grec, le latin, le français, ainsi que quelques rudiments d’italien et de castillan, elle apprend les mathématiques, l’histoire, la poésie, la musique, le chant, la danse, la peinture, la broderie ; à cette formation intellectuelle et esthétique s’ajoute une solide formation morale. Une éducation destinée à la préparer à son rôle de duchesse régnante.
Anne de Bretagne recevant son livre d’heures
Elle rendit son âme à Dieu le 9 janvier 1514.
Cela fait une douzaine de jours que le château de Blois, d’ordinaire si gai et si bruissant, est plongé dans un silence pesant. Soudain, en fin de matinée, survient l’inéluctable nouvelle : son état de santé s’est dégradé au lendemain de Noël, frappée d’une violente attaque le 2 janvier, la reine Anne - qui allait avoir 37 ans – vient de rendre son dernier soupir. Son époux éploré, le roi Louis XII, lui réservera des funérailles grandioses qui frapperont les esprits. S’étalant sur quarante jours, elles serviront de modèle aux funérailles royales jusqu’au XVIIIe siècle.
Tombeau de Louis XII et d’Anne de Bretagne à la basilique Saint-Denis.
Quelques semaines après l’inhumation de son corps à Saint Denis, son cœur est placé dans un reliquaire d’or en forme de cœur, surmonté d’une couronne et entouré d’une cordelière, est acheminé jusqu’à Nantes et déposé dans le magnifique mausolée de l’église des Carmes que la défunte avait fait élever en l’honneur de ses parents.
Le cœur d’Anne, au musée Dobrée de Nantes.
Il a été conservé depuis 1896 au musée Dobrée de Nantes, ce reliquaire a été successivement exposé, depuis le printemps dernier, à Blois, à Ambroise, au Château de Nantes, à Châteaubriant et à Rennes. Cette monstration (action de montrer) fut un des points forts des célébrations qui marquèrent, cette année, le 500e anniversaire de la disparition d’Anne de Bretagne. Cet anniversaire a ravivé la mémoire de celle qui n’a jamais cessé, dans l’esprit des bretons, d’incarner avec majesté la défense et l’autonomie du duché. […]
C. Brosio
Statue d’Anne de Bretagne, (XIXe siècle)
Jardin du Luxembourg