Par Liviaaugustae
« La jeune fille répondit : Je veux bien. »
(Genèse 24, 58.)
Eliézer et Rebecca au puits (XIIe siècle)
Dans la nef de la chapelle Palatine de Palerme en Sicile, (achevée en 1140), est raconté tout l’Ancien Testament en mosaïques.
Les circonstances providentielles du mariage d’Isaac sont relatées au chapitre 24 de la Genèse. Eliézer, envoyé par Abraham dans son pays natal de Chaldée pour y trouver une épouse à son fils Isaac, craint que cette mission ne dépasse ses capacités. Il supplie le Seigneur de lui accorder un signe : quand il demandera à boire, la jeune fille élus par Dieu acceptera et lui proposera en outre d’abreuver ses chameaux. La légende de cette scène, écrite en latin, dit : « Rébecca donne à boire au serviteur d’Abraham et à ses chameaux. » Ici, Eliézer (en gris), suivi de deux chameliers, parle avec Rebecca tandis que les animaux s’abreuvent.
Rébecca, en bleu près du puits, est disponible à la grâce. Dans l’art chrétien, cet épisode de l’Ancien Testament préfigure l’Annonciation : dans les deux cas, une jeune fille est consultée et adhère pleinement au plan divin. Rébecca et Marie acceptent toutes deux l’inattendu : quitter leur famille et leur pays, suivre un inconnu pour en épouser un autre. L’avenir du monde bascule par leur libre consentement : Rébecca est choisie pour devenir la femme d’Isaac et la mère de Jacob ; Marie est élue pour être la mère du Sauveur. Dans les premiers siècles de l’art chrétien, on représentait d’ailleurs l’Annonciation près d’un puits, en référence à Rébecca.

Rébecca, dans l’art chrétien est un « antétype », c’est-à-dire une préfiguration, une prémonition, de Marie à l’Annonciation et de son « oui ».

Eliézer est un magnifique exemple de confiance en Dieu par la belle prière qu’il fait pour lui demander de l’aider. Dans l’Ancien Testament, on retrouvera cette même confiance dans les personnages d’Esther et de Judith.

L’eau que verse Rébecca dans l’abreuvoir n’est pas seulement la preuve de sa bonté. Elle est aussi l’annonce du baptême, de la grâce et du pardon des fautes. On retrouvera le puits dans l’Evangile, dans l’épisode du Christ et de la Samaritaine.
Marie-Gabrielle LEBLANC
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