NERON : ASSASSIN, DEBAUCHE ET EMPEREUR DECADENT…
Lucius Domitius Nero Claudius naît à Antium en 37. Il est le fils de Cneius Domitius Ahenobarbus et d’Agrippine la Jeune, cette dernière mariée à son oncle Claude, lui fait adopter Néron en 50. Néron épouse Octavie, fille de Claude en 53.
L’Empereur Claude (Musée d’Olympie)
Agrippine la Jeune nièce et épouse de Claude et mère de Néron
(Musée d’Olympie)
Néron enfant (Musée du Louvre)
Néron jeune homme à Aphrodisias.
Claude est assassiné par Locuste, créature d’Agrippine, en 54 et Néron devient Empereur, le vrai fils de Claude, Britanicus, ayant été évincé par les intrigues d’Agrippine.
Au début de son règne, Néron laisse une grande part du gouvernement au Sénat, à sa mère et à ses précepteurs : Burrhus et le philosophe Sénèque. Il demande au Sénat d’alléger le fardeau fiscal : la seule bonne mesure de son règne.
Buste en bronze de Sénèque (Musée Archéologique National Naples).
Mais très vite il se montre violent et d’une cruauté inouie.
Il empoisonne Burrhus et Britanicus en 55, fait tuer sa mère en 59, qui dira aux prétoriens venus l’exécuter : « Frappe au ventre, c’est là que j’ai porté Néron ». Fait tuer sa femme Octavie en 62, il impose le suicide à Sénèque, qui obtempère, pour éviter d’être égorgé par les sbires de Néron.
Poppée (Musée d’Olympie)
Buste de Néron.
Il épouse onze jours seulement après la mort d’Octavie, Poppée, fille d’un questeur, et se vautre dans la débauche avec elle et son préfet du prétoire, Tigellin.
« D’un coup de pied, parce que, enceinte et malade, elle l’avait accablé de reproches, un soir qu’il revenait tardivement d’une course de char… Il n’est pas une seule catégorie de parent que ses crimes aient épargné. Comme Antonia, la fille de Claude, refusait de se marier avec lui après la mort de Poppée, il la fit périr sous prétexte qu’elle fomentait une révolution. » Suétone.
Il alla même jusqu’à violer le jeune Aulus Plautius, avant de l’envoyer à la mort.
Il croit être un artiste génial, grand poète et grand musicien, paraît sur les scènes de théâtre, descend dans les arènes, déguisé en cocher pour participer aux courses de chars.
Partout il quête les applaudissements, et quiconque refuse de l’admirer, signe son arrêt de mort.
Il se fait construire sur l’Esquilin, une somptueuse demeure : la Maison dorée.
Décor de la maison dorée.
Décor de la maison dorée.
En 64, éclate à Rome un gigantesque incendie. Le bruit court, que Néron la fait allumer, pour jouir du spectacle depuis les terrasses de son palais. C’est en tout cas ce que raconte Tacite dans ses annales, et Suétone dans : La vie des douze Césars.
L’INCENDIE DE ROME :
Tacite le raconte dans les annales : «un désastre survint (fut-il dû au hasard ou à la malignité du prince, on ne sait…) ; mais ce fut le plus grave et le plus épouvantable de tous ceux que la violence de l’incendie fit éprouver à Rome… La ville lui offrant une proie facile avec ses ruelles tortueuse, ses rues tracées sans règle, comme l’était la Rome d’autrefois… Pendant ce temps, Néron est à Antium, et il ne rentre à Rome qu’au moment où le feu approche de la maison qu’il a fait construire pour relier le Palatin au jardin de Mécène… Le bruit s’est répandu qu’au moment même ou la ville est en flammes, le prince est monté sur son théâtre privé et à chanté la ruine de Troie, cherchant dans le passé des comparaisons avec le désastre présent. »
Suétone raconte aussi le désastre : « il n’épargna même pas le peuple ni les murs de sa patrie. Quelqu’un disant, au milieu d’une conversation générale : qu’après ma mort, la terre disparaisse dans le feu ! Mais non reprit-il, que ce soit de mon vivant ! Et il réalisa pleinement ce souhait. En effet, sous prétexte qu’il était choqué par la laideur des anciens édifices, par l’étroitesse et la sinuosité des rues, il incendia Rome ; il se cacha si peu que plusieurs consulaires, ayant surprit dans leur propriété des esclaves de sa chambre avec de l’étoupe et des torches, n’osèrent porter la main sur eux… Néron contemplait cet incendie du haut de la tour de Mécène et charmé disait-il de la beauté des flammes il chanta la prise d’Ilion dans son costume de théâtre. »
Aucun artiste Romain n’immortalisa cet incendie meurtrier, les romains préférant oublier Néron et ses tueries.
Néron accusa les chrétiens d’avoir mis le feu et les persécuta pour calmer la vindicte populaire qui grondait contre lui.
Pour rétablir ses finances, Néron confisque les biens des particuliers en les faisant assassiner.
Il découvre la conjuration de Pison en 65, et la réprime durement. Il fait assassiner Pétrone, arbitre des élégances, ami et confident de Néron.
Buste de Néron.
Les légions se révoltent en 68 : Vindex en Lyonnaise, Galba en Espagne. Néron déclaré ennemi public par le Sénat, s’enfuit et abandonné de tous, il se fait tuer par un de ses affranchis, et aurait murmuré en mourant : « Quel artiste meurt en moi ! »
Il laisse à sa mort un empire très affaibli et Galba, qui lui succède au terme d’une dramatique crise interne, ne peut s’imposer et se fait massacrer. Il faudra attendre Vespasien pour que le calme revienne.
De nos jours, un pseudo historien (Joel SCHMIDT) veut réhabiliter ce monstre dans un livre (NERON) et en parle comme d’un grand Empereur et assimile son règne à une renaissance !!!