Par Liviaaugustae
Tablette d’envoûtement au charme d’amour, inscrite en grec
(3e - 4e siècles après J.C., Egypte romaine)
« Traînes-la par les cheveux, par les entrailles, jusqu’à-ce qu’elle ne me quitte pas, moi Sarapammon, qu’a enfanté Aréa, et que je la possède, elle Ptolémaïs, qu’a enfanté Aïas, la fille d’Origène, soumise pour toute la durée de ma vie, m’aimant, me désirant, me disant ce qu’elle pense. Si tu fais cela (à Antinous le défunt dans la tombe duquel cette tablette était déposée), je te libérerai. »
(Traduction de la tablette)
Les tablettes d’envoûtement…
Pour porter malheur à ses ennemis, on utilise les tablettes d’envoûtement. Ce sont des lamelles de plomb, enroulées sur elles-mêmes et percées d’un clou (l’indispensable accessoire, toujours pris sur une croix), sur lesquelles est gravé un texte vouant à sa perte, un rival ou un concurrent. Elles sont glissées subrepticement dans un tombeau (n’importe lequel) pour transmettre le message aux divinités infernales.
Beaucoup de ces tablettes s’en prennent à des gladiateurs et à des cochers de cirque pour qu’ils meurent au cours de l’épreuve. D’autres sont dirigées contre un adversaire en justice pour que son avocat soit frappé de mutisme*. Les plus nombreuses sont dictées par la passion amoureuse et visent à anéantir un rival. Le texte de l’imprécation est entouré de signes magiques et de formules cabalistiques.
Tacite raconte : «La violence du mal était accrue par la conviction où était Germanicus d’avoir été empoisonné par Pison ; et l’on découvrait sur les sols et sur les murs des fragments de cadavres humains déterrés, des formules magiques, des envoûtements et le nom de Germanicus gravé sur des plaques de plomb, des cendres à demi brûlées enduites de pourriture et d’autres enchantements par lesquelles on croit que les vies humaines sont vouées aux divinités infernales… »
Quelle horreur, cette manie de déterrer des cadavres et d’en balader les morceaux, selon les sorts que l’on vouait à tel ou telle…
En Guadeloupe des malheureux crapauds, dont la bouche est munie d’un cadenas sont lâchés dans les salles d’audiences, pour les mêmes raisons, (faire taire l’avocat, ou les témoins) cela ne marche pas là-bas.
Je ne sais si à Rome cela marchait ?
Liviaaugustae
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