Par Liviaaugustae
« Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore. »
(Isaïe 60,20.)
L’Adoration des mages.
Francisco de Zurbaran (1598-1664)
C’est en 1638 que Francisco de Zurbaran reçut la commande d’un retable de dix mètres de haut et comportant douze tableaux, pour le maître-autel de la chartreuse Nuestra Sénora de la Défension, à Jerz de la Frontera, près de Cadix, en Andalousie.
Cette Adoration se trouve depuis le XIXe siècle, avec l’Annonciation, L’Adoration des bergers et La Circoncision au musée de Grenoble, tableaux vendus à la France par l’Espagne en 1835.
Il s’agit d’une des plus belles Adorations des mages de l’Histoire de l’art. Marie, vêtue de rose délicat et de bleu, a un visage inoubliable : très pur mais de type andalou, d’une distinction et d’un intériorité totale. Elle semble pleinement consciente de la qualité divine de son Fils, qui dégage une douce lumière. Elle le présent à l’adoration des mages. En premier, au plus âgé : face à face très émouvant du vieux roi et de l’Enfant-Dieu ? Puis vient celui d’âge mûr, un guerrier, et enfin le plus jeune qui est noir comme il est d’usage depuis la fin du XVe siècle.
Comme tous les peintres, Zurbaran les représente avec de somptueux costumes exotiques. Il montre bien comment on est passé de l’évènement intime de l’Adoration des bergers à l’évènement cosmique de l’Epiphanie : Jésus, le Messie adoré par tous les âges et par tous les peuples.
Par son style sobre, tendre et solennel, Zurbaran est un des plus grands peintres espagnols, mystique tout en étant réaliste.

Le visage de Marie
C’est un visage inoubliable que celui de la Vierge-Mère selon Zurbaran, qui rejoint par la beauté et l’intériorité, les plus grands peintres : Fra Angelico, Raphaël et l’art de l’icône.

Le visage de l’Enfant
L’Enfant Jésus de Zurbaran est l’un des plus adorables de l’Histoire de la peinture, véritablement Dieu-Enfant. C’est un très beau petit garçon de quelques mois.

Le visage de Joseph
Saint Joseph est représenté jeune, comme il est de règle depuis le concile de Trente (1563)
Marie-Gabrielle LEBLANC
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