Composition florale de : Tricia
GUILD
ALL YOU NEED IS LOVE !
Le 14
février, nous allons fêter le Saint Valentin, jour des amoureux. Il y aura des cadeaux, des roses rouges, des dîners aux chandelles.
Cela
ne date pas d’aujourd’hui. Dans la Grèce antique, la période de mi-janvier à mi-février était consacrée au culte nuptial de Zeus et de Héra.
A
Rome avait lieu le 15 février les lupercales, fête d’hommage au Dieu de la fertilité : on y sacrifiait des chèvres, et touché par les prêtres sanctificateurs était un gage de
fertilité.
Mais
qui est Valentin ? Il semble que ce Saint désigne Valentin de Rome un prêtre qui endura le martyr dans la seconde moitié du IIIe siècle. Mais le martyr n’a pas fait oublier
l’amour.
En
Angleterre, au XIVe siècle, on croyait que le 14 février était le jour où les oiseaux s’appariaient. Sans parler de la Chine contemporaine, où l’on fête la Saint-Valentin, tout comme au Japon,
où les femmes offrent des chocolats tandis que les hommes répondent par un cadeau de couleur blanche.
Il y
a donc une mondialisation de l’amour. Celle-ci ne suppose aucun transfert financier, aucune spéculation indigne, aucune taxe Tobin. C’est simplement la belle chanson des accordailles, le
refrain universel des cœurs battants à l’unisson. Les frontières n’existent pas, on aime à Valparaiso comme à Tbilissi, et chaque être humain peut se dire qu’il est le résultat d’une histoire
d’amour.
Certes,
il existe des pessimistes de l’amour. Louis-Ferdinand Céline écrivait que c’est « l’infini à la portée des caniches ». Le plaisir d’amour ne dure qu’un moment, dit aussi la
chanson.
N’empêche,
l’esprit en fête, les jambes en coton, le bonheur simple de deux amoureux qui marchent au long des rues, c’est l’une des grâces que la vie puisse nous offrir. Il y a un mystère dans ce jeu des
attractions immanquables, dans ce ballet vieux comme le monde qui rapproche soudain deux histoires et deux épidermes.
L’amour
est un récit dont l’encre serait le sentiment. On en est à la fois le personnage et l’écrivain.
Oublions
donc les embrouilles présidentielle, les fluctuations de l’euro, les sombres affaires du temps.
Et
souvenons-nous plutôt de ce que chantaient les Beatles : « All you need is love ».
Marc
LAMBRON
Extrait
du Figaro Madame.