BONNE FÊTE A TOUS LES PAPAS !
Mon père ce héros…
On pensait avoir eu la peau du père, l’ennemi psychanalytique n°1, mais l’animal a le cuir épais. Un siècle de traque n’ayant pas eu raison de sa résistance, on tente aujourd’hui de le faire disparaître en le dissolvant doucement dans la glu sémantique : géniteur ou parent 1, il faut avouer, c’est moins marqué que père.
Quelles soit anarchiste, égalitaire et androgyne, radicalement féministe ou homophile, les idéologies qui nient l’identité sexuée y trouvent leur compte : en éradiquant le père, on se libère d’un sacré gêneur. Pensez donc, il représente la loi !
Ce n’est pas faux mais un peu réducteur tout de même. Ne parler du père qu’en termes de pouvoirs ou d’autorité (abusive de préférence) c’est terrifiant. Alors, pour lui donner un côté bisounours plus sympathique, on en fait une seconde mère, un expert en couches culottes, un super copain ou un simple géniteur. Quelle misère d’aplatir ainsi le merveilleux mystère de la paternité…
Le père est celui qui sépare l’enfant de sa mère, le socialise, l’affermi, lui transmet le sens de l’effort, du travail, des valeurs morales et spirituelles, et le fait grandir en l’aidant à trouver une juste et belle autonomie. Il incarne bien souvent le principe de réalité, le grand bon sens qui ne se laisse pas attendrir par le chantage affectif (c’est beaucoup, beaucoup plus difficile de faire marcher son papa que sa maman, tous les enfants savent çà).
Fermeté, vigueur, cohérence, sagesse, prudence, patience, souplesse et autorité, écoute et parole, délicatesse et rigueur, tendresse et fermeté, le père n’en finit pas de concilier les contraires. Certains, il est vrai, désorientés par les injonctions contradictoires et les pressions auxquelles ils sont soumis, ont du mal à investir leur rôle de père et a se situer avec justesse. On peut difficilement leur en vouloir : on leur demande de savoir tout faire, d’être à la fois Bocuse, James Bond, Chabal et Rothschild, mais surtout pas d’exercer leur rôle de père !
Le Pater familias, comme le castor à dents bleus, l’écrevisse à pied blanc ou le gypaète barbu, est une nouvelle espèce à protéger. Le phénomène, qui devrait intéresser les écolos, pourrait faire l’objet d’une commission de réflexion interministérielle dotée d’une belle subvention. Il faut mettre le paquet parce qu’un père, c’est nécessaire à la biodiversité familiale et sociale. Tellement nécessaire, dirait le père Guy Gilbert, que Dieu lui-même en a voulu un pour son fils.
Pour en faire un homme, pour construire harmonieusement l’humanité de Jésus, il fallait un papa, un vrai : un papa qui bricole, fend du bois, répare l’ordinateur, les robinets qui fuient, et les gros chagrins, se roule sur la moquette, envoie les bébés au plafond et ne sait toujours pas, après 20 ans de mariage, où on range le sel…
Bref, un être potentiellement dangereux mais plein de force, de charme et d’amour…
Juliette LEVIVIER
Extrait de : Famille Chrétienne
Et notre grand Victor Hugo, a lui aussi chanté son père !
L’en-tête du texte d’ailleurs le lui emprunte.
Liviaaugustae