Par Liviaaugustae
Jérémie se lamentant de la destruction de Jérusalem
Fresque de la Chapelle Sixtine
Michel-Ange
« Arrête tes jérémiades »
Voilà une phrase que l’on est souvent tenté de lancer, avec une certaine exaspération, à un enfant qui pleurniche ou à une personne qui se plaint sans cesse et se lamente sur son sort. L’expression « faire des jérémiades » (se lamenter sans fin) dérive de « Jérémie », nom de l’un des quatre grands prophètes de la Bible. Faut-il en déduire que Jérémie avait une personnalité particulièrement plaintive ? Pas si simple ! Il faut dire que la vie de prophète n’était pas de tout repos.
Contrairement aux prophètes mensongers qui garantissent une fausse paix au peuple, Jérémie n’hésite pas à crier la vérité, quoi qu’il arrive et quoi qu’il lui en coûte. Tâche ingrate et difficile ! Car les hommes n’aiment pas recevoir de mauvaises nouvelles et ont la fâcheuse tendance à en rendre responsable celui qui les annonce. Et lorsqu’il prédit la chute de Jérusalem, chute qui pourrait être évitée avec le repentir du peuple juif et l’urgence de revenir à Dieu et à son alliance, il n’est pas spécialement bien accueilli.
Incompris, haï de tous, persécuté, emprisonné, condamné à l’exil, Jérémie reste malgré tout fidèle à sa tâche car : « Elle (la parole de Dieu) était comme un feu brûlant dans mon cœur, elle était enfermée dans mes os » (Jérémie 20, 9). Mais il n’hésite pas à se plaindre à Dieu des malheurs du peuple d’Israël et de la difficulté de sa mission, exprimant parfois violemment son désarroi, voire son désespoir : « Maudit soit le jour où je suis né ! » (Jérémie 20, 14). D’où l’amalgame avec la personnalité soi-disant plaintive du prophète.
L’Histoire donna finalement raison à Jérémie puisque Jérusalem fut détruite par le roi de Babylone en 586 av. J.-C. et sa population déportée.
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