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Histoire

 
 
 
 
 
 
L’ATTENTAT DE DAMIEN…
Raconté par Casanova.
 
 
 
 
 
numérisation0005Attentat de Damien contre Louis XV
 
(gravure par Alphonse de Neuville collection particulière)
 
 
 
Casanova, qui se trouve à Versailles ce jour-là, s’apprête à repartir pour Paris lorsqu’il remarque une agitation inhabituelle dans les cours du château : « à peine arrivé à la grille, je vois une quantité de monde courir de tous côtés dans la plus grande confusion, et j’entends crier à droite et à gauche : Le Roi est assassiné, on vient de tuer sa Majesté. »
 
Bien que le coupable soit arrêté, le château est immédiatement bouclé : « Mon cocher effrayé, poursuit Casanova, ne pense qu’à suivre son chemin ; mais on arrête ma voiture, on me fait descendre, et on me met dans le corps de garde, où je vois en trois ou quatre minutes plus de vingt personnes arrêtées tout étonnées, et aussi coupables que moi. Je ne savais que penser, et ne croyant pas aux enchantements, je croyais de rêver. Nous étions là, et nous nous regardions sans oser nous parler ; la surprise nous tenait tous accablés, chacun, quoique innocent, avait peur. Mais quatre ou cinq minutes plus tard, un officier entra, et après nous avoir demandé fort poliment excuse, il nous dit que nous pouvions nous en aller. »
 

 

 

 

 

 

numérisation0007Vue de la salle des gardes au rez-de-chaussée, donnant sur la cour royale.

 

Sur la route de Paris, Casanova est frappé par l’effervescence continuelle : « Dans les trois heures que j’ai employées pour retourner à Paris, deux cent courriers pour le moins, qui allaient ventre à terre, me devançaient. A chaque minute j’en voyais un nouveau, et chaque courrier criait et publiait à l’air la nouvelle qu’il portait. Les premiers dirent ce que je savais ; un quart d’heure après j’ai su qu’on avait saigné le Roi, j’ai su après que la blessure n’était pas mortelle, et une heure après, que la blessure était si légère que sa Majesté pourrait même aller à Trianon si elle le voulait. »

 

 

 

 

 

numérisation0001Louis XV en 1763 par Jean Alaux, dit le romain.

(Château de Versailles)

 

       Louis XV emmitouflé dans son manteau, est brutalement bousculé par un inconnu en redingote brune, le chapeau sur la tête. On croit à un paysan étourdi. Le Roi dit simplement : « On m’a donné un grand coup de coude ». Le Dauphin s’adresse au quidam : « Est-ce que tu ne vois pas le Roi ? » Tandis que l’un des gardes lui ôte vivement son chapeau, qu’il est le seul de l’assistance à avoir gardé sur la tête. La scène est confuse et se déroule très rapidement. Soudain, le Roi qui par réflexe a porté la main à son côté droit, la retire pleine de sang et s’exclame : « Je suis blessé, et c’est cette homme qui m’a frappé ! » aussitôt c’est l’affolement. Chacun se précipite sur l’inconnu. Louis XV ordonne : »qu’on le garde et qu’on ne le tue pas » puis suivi de son entourage, il fait demi-tour et remonte dans son appartement pour gagner sa chambre. L’épaisseur des vêtements que portait Louis XV a considérablement atténué le coup et freiné la pénétration de la lame.

 

 

 

 

 

numérisation0006Portrait de Robert-François Damien

(Estampe XVIIIe siècle Château de Versailles)

 

A cette époque, Louis XV était « Louis le bien-aimé », le peuple adorait son Roi, et fut très inquiet en apprenant cet attentat. Et les églises furent aussi pleines qu’en 1744, pour demander la guérison du Monarque.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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