LE ROI DE ROME.
Un destin manqué.
Napoléon présentant le roi de Rome nouveau-né à l’Impératrice Marie-Louise.
Tableau d’Isabey 1811.
Napoléon : « Ne vous troublez pas, figurez-vous que vous accouchez une bourgeoise de la rue Saint Dennis. La nature n’a pas deux lois. » C’est ce que dit Napoléon à l’accoucheur.
Il y a deux cents ans naissait le 20 mars 1811, le roi de Rome. Sa naissance, tend attendu, marque l’apogée de l’Empire. Jamais enfant n’a paru devoir autant assuré la stabilité d’un régime : une dynastie est fondée.
Le roi de Rome devenait aussi le garant de la paix en Europe. Son grand-père étant l’empereur d’Autriche, sa naissance annonçait la fin des guerres Franco-Autrichienne sur le continent. Nul enfant n’a trouvé au pied de son berceau tant de peuples réunis sous la domination de son père.
La naissance à lieu dans l’affolement et en oubliant l’étiquette prévue initialement. Absorbé par la mère, l’accoucheur posa le nouveau-né sur le parquet et l’y oublia. Premier signe du destin. Le médecin de Napoléon, Corvisart, l’aperçut, le releva, le frotta et lui fit pousser son premier cri. Alors seulement le protocole mis au point par Napoléon reprit ses droits. Les prénoms choisis étaient : Napoléon, François, Charles, Joseph.
Portrait du roi de Rome, par Prud’hon 1811.
Le Baptême du roi de Rome, le 9 juin, se déroule dans l’indifférence du peuple français. Il y même quelques sifflets lors du passage du cortège.
Le roi de Rome.
« Mon fils, écrit l’Empereur à l’ex-Impératrice Joséphine, est gros et bien portant. Il a ma poitrine, ma bouche, mes yeux… J’espère qu’il remplira sa destinée. »
Le roi de Rome au milieu de ses jouets.
Tableau de Gros (Collection du Comte de Possesse)
Mais la naissance du roi de Rome trop tardive peut-être, n’a rien apporté au régime. L’instabilité politique subsiste. En avril 1814, dans le Paris occupé par les vainqueurs de Napoléon, les intrigues vont bon train pour savoir qui succèdera à Napoléon. Le roi de Rome est à Blois avec sa mère. Comme il est absent, on l’oublie.
Juin 1815, une nouvelle fois s’ouvre la succession de Napoléon défait à Waterloo : « Je proclame affirme l’Empereur, en signant son abdication, mon fils sous le nom de Napoléon II Empereur des français. » Mais l’enfant est à Vienne retenu par les Autrichiens. C’est à nouveau le destin brisé.
Par JEAN TULARD de l’institut : Valeurs Actuelles du 24 mars 2011.