Par Liviaaugustae
EN CE TEMPS-LA LE FESTIVAL ETAIT UNE FETE…
La belle
Romy Schneider en 1978
Sophia Loren en 1981
Je vous parle d’un temps que les intermittents du spectacle ne peuvent pas connaître, où le Festival était une fête qui durait près de trois semaines : où il se trouvait toujours un ministre disponible pour l’inaugurer ; où les stars se décolletaient le soir tandis que les starlettes se dépoitraillaient le matin ; où l’on ne pouvait serrer une louche sans qu’elle soit pleine de caviar […]
En ce temps-là, les légendes encore vivantes du septième art se baladaient sans garde du corps dans les rues et vôtre serviteur, possesseur d’une grosse voiture américaine, s’en allait marauder à l’aéroport de Nice et se substituait aux taxis pour transporter un jour Joan Baez, le lendemain Dany Kaye qu’il interviewait tout en conduisant, avant de convier à déjeuner Robert Mitchum au risque de se retrouver en rupture de stock viticole […]
En ce temps-là, les films présentés n’évoquaient pas toutes les misères du monde mais offraient souvent au grand public de quoi lui changer les idées tandis que des comédiens, ni plus ni moins spirituels qu’aujourd’hui, distillaient des mots d’auteurs ciselés par leur dialoguistes et promis aux anthologies.
En ce temps-là où il n’y avait que crises de rires, la joie était la règle et le bonheur pas encore honteux, cinq mille festivaliers pique-niquaient gratuitement sur les îles de Lérins en sachant qu’au retour les notes de frais épongeraient leurs coups de chaud. […]
Philippe bouvard
Extrait de : Figaro Magasine
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