C'est en feuilletant mon album de photos et en constatant le nombre de personnes de mon entourage qui s'en sont allées, que j'ai eu l'idée – d'essayer – de voyager dans l'au-delà...
Si l'Enfer est déjà discernable sur la Terre – on en a une idée – pendant les guerres, les maladies, les deuils et aussi dans les assassinats qui jalonnent notre vie depuis quelques années...
Mais ce n'est qu'une vue humaine décrite avec de pauvres mots !
L’adieu
J’ai cueilli ce brin de bruyère
L’automne est morte souviens-t-en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t’attends
Guillaume Apollinaire
En bas... la terre !
(Image internet)
Cela fait longtemps que je flotte entre deux mondes, autour de moi c'est un azur profond avec un matelas de nuages qui masquent parfois la vue, mais quand ce matelas, sous l'effet des vents se déchire c'est magnifique, je peux contempler alors cette belle terre toute ronde et toute bleue. Tout scintille en bas et c'est si beau que j'ai le cœur serré de l'avoir quittée !
Le soir, tandis que le ciel au-dessus de moi se pique d'une myriade d'étoiles, le soleil, en bas se couche en teintant les nuages de rouge, il résiste longtemps à la nuit qui descend, puis d'un seul coup, ramasse ses rayons et s'enfonce dans la mer... Séléné alors emplit le ciel, ronde, belle et lumineuse, elle est si proche que j'ai l'impression que je pourrais la toucher.
J'ai vu passer des ouragans qui détruisaient ce que les humains avaient construit avec tant de peine, mais qu'ils rebâtissaient aussitôt, comme les fourmis quand on donne un coup de pied dans leur fourmilière, j'ai aussi vu tomber des tonnes de neige et je me demandais si elle n'allait pas ensevelir la terre et puis un jour, des oiseaux sont arrivés du fond de l'horizon bleu, les arbres se sont couverts de feuilles, de fleurs et puis de fruits, c'était le printemps, puis l'été en bas.
Ici, pas de changement, la vie est monotone.
La vie ? Quelle vie ? Peut-on parler de vie ici ?
Ce que je regrette le plus, c'est d'avoir dû abandonner les miens, mais je peux les voir parfois, il y a des pans de ma vie antérieure qui m'apparaissent, alors j'ai mal quand ils sont malades et souffre quand ils souffrent.
Depuis combien de temps suis-je ici et combien de temps y resterais-je ?
Mais le temps existe-t-il encore ? On ne parle plus d'années ni d'heures, ni de minutes et... même pas de siècle !
Je suis entré dans – l'Eternité !
Le Paradis (détail)
Fra Angelico
Quand j'étais en bas, javais espéré entrer au Paradis, mais saint Pierre tenant la clé, était devant la porte dorée, et ne m'y a pas admis, il fallait m'a-t-il dit : faire mes preuves...
Le Paradis sera pour plus tard, du moins je l'espère!
Cet entre-deux, je suppose que c'est ce que l'on appelle en bas – le Purgatoire – c'est sans doute ici que l'on purge une peine afin de régler toutes les fautes, commises durant notre vie terrestre.
Livia