Je viens de terminer « L'île des oubliés » un bouquin prêté par ma belle-fille lors de mon petit séjour chez eux début juin.
L'auteur fait vivre ses personnages dans un cadre historique : l'île de spinalonga c'est elle « l'île des oubliés », qui durant des décennies, fut l'île de la honte, de la maladie et de la mort.
Un livre rempli de passions ce qui le rend passionnant, je l'ai littéralement dévoré.
Résumé :
L’été s’achève à Plaka, un village sur la côte nord de la Crète. Alexis, une jeune Anglaise diplômée d’archéologie, a choisi de s’y rendre parce que c’est là que sa mère est née et a vécu jusqu’à ses dix-huit ans. Une terrible découverte attend Alexis qui ignore tout de l’histoire de sa famille : de 1903 à 1957, Spinalonga, l’île qui fait face à Plaka et ressemble tant à un animal alangui allongé sur le dos, était une colonie de lépreux... et son arrière-grand-mère y aurait péri. Quels mystères effrayants recèle cette île que surplombent les ruines d’une forteresse vénitienne ? Pourquoi, Sophia, la mère d'Alexis, a-t-elle si violemment rompu avec son passé ? La jeune femme est bien décidée à lever le voile sur la déchirante destinée de ses aïeules et sur leurs sombres secrets...
J'ai découvert dans ce livre, l'île de Spinalonga qui a abrité une colonie de lépreux venus de toute la Grèce. Ne connaissant pas cette île, j'ai fait des recherches sur internet, pour voir à quoi elle ressemblait.
La voilà ci-dessous, on aperçoit les maisons dans lesquelles logeaient ces pauvres malades.
L'île de Spinalonga
(Crète)
Après avoir débarquer sur le quai, il fallait traverser ce tunnel pour atteindre le village.
Il paraît que l'hiver c'était terrible le vent s'y engouffrait et glaçait ceux qui s'y trouvaient engagés
Spinalonga a servi de lieu d'enfermement des lépreux de 1904 à 1957. Auparavant, ceux-ci vivaient dans des meskiniès ou leprochoria, des quartiers misérables, en dehors des villes crétoises. Le 9 juillet 1901, le parlement crétois adopte la loi 375 qui prévoit l'arrestation de tous les lépreux de Crète et leur déportation vers Spinalonga. L'île était alors encore habitée par près de 1 200 habitants turco-crétois, qui sont forcés de quitter les lieux. « Aux avantages pécuniaires d’un lieu qui ne nécessitait aucun aménagement – les lépreux occuperaient les habitations des anciens propriétaires –, s’ajoute un choix politique. Même si le fort ne présente plus aucun intérêt militaire, le gouvernement crétois ne voit pas d’un bon œil cette concentration ottomane dans Spinalonga. Jouant sur le sentiment nationaliste, il va, par sa décision, réussir une double opération : expulser ces intrus pour le plus grand profit de la population régionale et loger à bon compte les lépreux des meskiniès »
L'enfermement des lépreux est vu essentiellement comme une mesure sanitaire pour protéger les gens sains. Il n'y a en effet aucun traitement disponible au début du XXe siècle et le mode de transmission est encore inconnu. La maladie était considérée à tort comme très contagieuse et les lépreux comme des victimes d'une malédiction, qu'il fallait cacher. Pendant plus de cinquante ans, il y a eu à Spinalonga de 300 à 500 personnes enfermées, privées de citoyenneté et rayées des registres de naissance. Parmi les lépreux, vivaient également des épouses non-atteintes, qui avaient suivi leur mari, une trentaine d'enfants nés de ces unions, dont la plupart n'ont pas été atteint par la lèpre. Lors de l'évacuation de l'île dans les années cinquante, il s'est avéré que plusieurs prétendus lépreux, n'étaient pas atteints de la lèpre, mais notamment de maladies de peau.
L'île a servi de lieu d'enfermement des lépreux, mais on ne peut parler de léproserie, car ils ne bénéficiaient d'aucun soin digne de ce nom. La situation sanitaire y était dramatique. Dans un courrier adressé au ministère de la Santé en 1926, le nomarque (maire) de l'époque, K. Anagnostakis décrit les taudis et la misère dans lesquels vivent quelque 250 individus. « Les citernes sont extrêmement sales et non seulement impropres à fournir un liquide potable, mais même l'eau nécessaire à la lessive des vêtements »
Contre cet abandon, les habitants de Spinalonga s'organisent. Ils recréent une vie de village, avec école, épicerie, boulangerie, cafés, barbier, etc. Ils exigent de l'administration des aménagements sanitaires et des soins médicaux. Mais ils reçoivent davantage de l'aide de fondations privées que de l'administration grecque. [...]
Aujourd'hui ce sont les touristes qui vont la visiter. Curiosité maladive ? Ou alors vont-ils là pour se faire peur ?
Si un jour je vais en Crète, je n'irai pas visiter cette île qui a connue trop de souffrance !