Par Liviaaugustae
Pour continuer à fêter les arbres et la forêt, je vous offre ce bel olivier, avec en prime une histoire fabuleuse, contée par Ovide dans ses Métamorphoses.
Livia
Ce bel olivier au tronc torturé, serait-il ce grossier berger ?
(image internet)
[…] Vénulus quitte le royaume qui doit à Calydon son origine, le golfe des Peucétiens, et les champs des Messapiens. Là il voit un antre ombragé par d'épais feuillage et masqué par de léger roseaux ; Pan, le demi bouc, l'habite aujourd'hui ; mais il fut un temps où il était habité par des nymphes.
Un berger d'Apuli les mit un jour en fuite loin de ces lieues par la terreur soudaine qu'il leur inspira tout d'abord ; mais bientôt, remise de leur émoi, dédaignant l'homme qui les suivait, elles se mirent à former des figures de danse où leurs pieds s'agitaient en mesure. Le berger se moque d'elles ; il les contrefait avec des sauts de rustre ; il y joint des propos obscènes et de grossiers outrages. Sa bouche avait à peine fait silence qu'un arbre vient recouvrir sa gorge ; il est devenu un arbre en effet et aux sucs qu'il produit on peut reconnaître son caractère ; c'est un olivier sauvage dont les baies amères rappellent sa langue infâme ; dans ces fruits a passé l'âpreté de ses discours.
Ovide
(Les Métamorphoses - inspiré de l'Eneide)
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