Je vous offre ce texte d'une journaliste que j'apprécie beaucoup, un texte plein de bonne philosophie qui peut nous aider à prendre le temps de réfléchir au fond de notre caverne, pour essayer d'en sortir... pour replonger dans la réalité, afin d'être prêts à faire face aux mensonges que l'on nous distille en boucle !
Il ne faut plus que nous donnions dans le panneau des fausses vérités !
« Les mensonges les plus courts sont les meilleurs ! »
Liviaaugustae
Et comme nous le conseille Bossuet :
« Il faut voir le monde tel qu'il est, et non tel que l'on voudrait qu'il soit ».
Buste de Platon, copie romaine d'un original grec du dernier quart du Ive siècle av. J. C.
Il est généralement considéré comme l'un des premiers philosophes occidentaux.
Avec sa caverne, Platon a fait le buzz. Depuis les calendes grecques, on étudie cette belle allégorie dont les enseignements sont toujours d'actualité. Il n'a pas prit une ride le vieux Platon !
Pour ceux d'entre vous qui n'auraient pas révisé le bac de philo récemment, je me permets un petit résumé à la hache : « des hommes sont enchaînés dans une caverne souterraine, dos à la lumière. Il vivent dans un monde d'ombres ; de l'extérieur, il ne perçoivent qu'une faible lueur et des sons feutrés ? Telle est la condition de l'homme qui, enfermé dans les limites étroites du monde matériel, loin de celui des idées, vit dans un univers d'illusions et n'a pas une juste appréhension du monde réel.
Imaginons qu'un de ces prisonniers soit libéré et accompagné vers la sortis. La confrontation avec l'extérieur sera difficile. Il souffrira mais, peu à peu, parviendra à percevoir le réel avec une acuité nouvelle. Telle est la condition de l'homme qui, s'extrayant du monde des illusions, parvient à celui de la connaissance, de la vérité, de la justice et du bien.
Imaginons maintenant que cet homme redescende dans la caverne. Les autres prisonniers, incapables d'assimiler son expérience et d'en supporter les répercussions, le recevront fort mal : « ne le tueront-ils pas ? », se demande Platon.
« Ces étranges prisonniers sont semblables à nous », nous dit Platon. Tiens donc ! Seraient-ils comme nous, enfermés dans un monde où les apparences comptent plus que la vérité ?
Seraient-ils, comme beaucoup d'entre nous, enchaînés par l'opinion dominante, fascinés par le théâtre d'ombres chinoises que projettent les journaux, la télévision ou internet ? Seraient-ils prêt à croire, par exemple , que la télé-réalité reflète fidèlement la réalité ? Ou que l'identité sexuelle est un choix et non une donnée naturelle ?
Ce qu'il y a de bien, dans la caverne, c'est qu'on y est au chaud et qu'on ne s'y sent pas seul : il y a foule, dans le monde des illusions... On est un peu à l'étroit, il y a une petite odeur de moisi, mais on s'y sent en sécurité. C'est très douillet les préjugés ! Et les apparences, quel confort ! Tant pis si l'on est confond opinion et vérité (ce que font tous les sondages avec l'approbation unanime des médias), si l'on se laisse manipuler par des idées trop simples pour être honnêtes, et si l'on s'habille en « prêt-à-penser », c'est moins cher et à la mode.
Mais il ne faut pas prendre des vessies pour des lanternes. Il est temps de sortir de la caverne, de retrouver une liberté de pensée, de parole, d'action et d'omission (on appelle cela l'objection de conscience). Cela fait un peu mal au début, mais on s'habitue peu à peu. Il est vrai, comme le fait remarquer Platon, que l'on se trouve alors en décalage vis-à-vis des hommes des cavernes qui, affolés, ne songent qu'à nous faire la peau !
N'ayons pas peur de nous confronter à la réalité. Le monde est bien plus beau que les hommes des cavernes ne le pensent ! Bien sûr, il y a du bon grain et de l'ivraie, mais la vérité est toujours préférable à l'illusion car elle est porteuse de vie.
On ne se dirige pas correctement si l'on n'est pas de plein pied dans le réel. Comment être juste si l'on base ses jugements sur les préjugés ? Comment connaître les autres si l'on ne va au-delà des apparences, si l'on ne cherche pas à connaître la valeur de chaque personne, si l'on s'en tient à son statuts social, à sa réussite professionnelle ou à ses résultats sportifs ?
La réalité, on ne la choisit pas, mais on peut choisir de vivre avec. L'homme n'évolue que lorsqu'il prend le risque de sortir de la caverne, lorsqu'il accueille la réalité comme elle est : aveuglante mais salutaire !
Si l'un de vos ados passe son bac cette année, « revisitez » avec lui le mythe de la caverne. Parlez ensemble de la liberté intérieure, du discernement, de la conscience, des apparences, des préjugés.
Platon a des « trucs à leur dire » à nos ados (et à nous aussi) ! Ses idées lui ont survécu, ce qui prouve que l'on s'est extirpé de la caverne, la sagesse a une permanence que n'a pas la matière.
Merci Platon !
Juliette LEVIVIER