Par Liviaaugustae
« D’Egypte, j’ai appelé mon fils. »
Osée 11, 1.
Fuite en Egypte
« Cette Fuite en Egypte, peinte par Martin Ryckaert (1587-1631), flamand d’Anvers, met en scène deux des trois miracles qui figurent en Occident sur les représentations de la fuite en Egypte. »
Dans un paysage accidenté qui n’évoque pas l’Egypte mais plutôt le nord de l’Italie, la Sainte Famille, Joseph en tête, chemine au premier plan. D’autres voyageurs, chargés d’enfants, suivent ce chemin fréquenté, à l’arrière-plan. Sur l’âne Marie tient Jésus dans ses bras. Au centre est évoqué le « miracle d’Hermopolis » une statue de la déesse Diane-Artémis chute de son piédestal.
Au centre et à droite se déroule dans un vaste champ de blé une scène de moissons. Il s’agit du « miracle des blés ». Selon des textes apocryphes, lorsque la Sainte Famille, talonnée par les soldats d’Hérode, sortit de Judée, elle rencontra un paysan qui semait. Marie lui demanda de dire s’il venait des soldats, qu’il n’avait vu personne depuis qu’il avait semé son blé. Le lendemain, le blé avait poussé et mûri, y compris en travers du chemin, et il était tant de moissonner. Les soldats arrivèrent et le paysan leur dit qu’il n’avait vu personne depuis les semailles, c’est-à-dire normalement depuis 8 mois.
Un torrent alpin coule le long du chemin ; ses cascades, à droite, ne ressemble en rien au large et majestueux Nil, que notre peintre n’avait jamais vu.
Le superbe paysage dans des tons délicats de verts et turquoise, n’est ni flamand et encore moins égyptien. Il évoque la traversée des Alpes que faisaient tous les artistes qui se rendaient en Italie à l’époque de la Renaissance et au XVIIe siècle.
Sur l’âne, Marie tient Jésus, représenté comme un nourrisson, ce qui est presque toujours le cas en Occident.
Les moissonneurs sont une allusion au « miracle des blés » grâce auquel la Sainte Famille aurait pu passer en Egypte et échapper à Hérode.
Marie-Gabrielle Leblanc
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