Lundi 6 janvier 2020
La galette des rois.
Le gâteau des rois
Greuze
Je vous offre ci-dessous un texte de Guy de Maupassant, extrait de «Mademoiselle Perle», qui narre la dégustation d'une galette...
« Donc, cette année, comme les autres années, j'ai été dîner chez les Chantal pour fêter l'Epiphanie. (...)
Au dessert, on apporta le gâteau des Rois. Or, chaque année, M. Chantal était roi. Etait-ce l'effet d'un hasard continu ou d'une convention familiale, je n'en sais rien, mais il trouvait infailliblement la fève dans sa part de pâtisserie, et il proclamait reine Mme Chantal. Aussi, fus-je stupéfait en sentant dans une bouchée de brioche quelque chose de très dur qui faillit me casser une dent. J'ôtai doucement cet objet de ma bouche et j'aperçus une petite poupée de porcelaine, pas plus grosse qu'un haricot. La surprise me fit dire:
- Ah!
On me regarda, et Chantal s'écria en battant des mains:
- C'est Gaston. C'est Gaston. Vive le roi! vive le roi! Tout le monde reprit en chœur : "Vive le roi!" Et je rougis jusqu'aux oreilles, comme on rougit souvent, sans raison, dans les situations un peu sottes. Je demeurais les yeux baissés, tenant entre deux doigts ce grain de faïence, m'efforçant de rire et ne sachant que faire ni que dire, lorsque Chantal reprit:
- Maintenant, il faut choisir une reine.
Alors je fus atterré. En une seconde, mille pensées, mille suppositions me traversèrent l'esprit. Voulait-on me faire désigner une des demoiselles Chantal ? Etait-ce là un moyen de me faire dire celle que je préférais ? Etait-ce une douce, légère, insensible poussée des parents vers un mariage possible ? L'idée de mariage rôde sans cesse dans toutes les maisons à grandes filles et prend toutes les formes, tous les déguisements, tous les moyens. Une peur atroce de me compromettre m'envahit, et aussi une extrême timidité, devant l'attitude si obstinément correcte et fermée de Mlles Louise et Pauline. Elire l'une d'elles au détriment de l'autre me sembla aussi difficile que de choisir entre deux gouttes d'eau ; et puis, la crainte de m'aventurer dans une histoire où je serais conduit au mariage malgré moi, tout doucement, par des procédés aussi discrets, aussi inaperçus et aussi calmes que cette royauté insignifiante, me troublait horriblement.
Mais tout à coup, j'eus une inspiration, et je tendis à Mlle Perle la poupée symbolique. Tout le monde fut d'abord surpris, puis on apprécia sans doute ma délicatesse et ma discrétion, car on applaudit avec furie. On criait.
- Vive la reine! vive la reine
Quant à elle, la pauvre vieille fille, elle avait perdu toute contenance; elle tremblait, effarée, et balbutiait:
- Mais non... mais non... mais non... pas moi... Je vous en prie... pas moi... Je vous en prie...
Alors, pour la première fois de ma vie, je regardai Mlle Perle... »
Guy de Maupassant
Et puis je vous propose aussi de déguster « des yeux » cette magnifique galette des rois :
C’est une magnifique galette des rois que la chef pâtissier français, Nina Métayer a publié sur sa page Facebook en hommage à Notre-Dame de Paris. Une rosace de pâte feuilletée qui, en plus d’être belle, a l’air bien alléchante.
« Je l'ai voulue, ronde, gourmande, traditionnelle, touche de cannelle, de vrais morceaux d'amandes, le tout au bon goût de beurre de Charentes-Poitou de ma région dont je suis tellement fière d'être ambassadrice » Nous dit-elle.
Le partage de cette jolie photo reste un plaisir des yeux collectif, mais elle est si belle, que je n'oserai pas la couper !