Sainte Hélène découvre la vraie Croix.
Par Tiepolo vers 1745.
(Galleria Accademia Venise)
C’est à l’âge de 80 ans, en l’an 326 après J.C. que l’Augusta Hélène (celle que l’église appellera : égale aux Apôtres), délaisse le confort de la cour de Rome et lui préfère le dépouillement de la croix. C’est son désir de marcher sur les traces de Jésus Christ et sa volonté d’expier les péchés de son fils Constantin : l’infanticide de son fils Crispus, et l’assassinat de son épouse Fausta.
Hélène n’en reste pas moins Augusta, chargée par l’empereur d’assurer la présence impériale en Orient et d’œuvrer à l’unification politique et religieuse de l’empire romain.
Sainte Hélène en Augusta
(Musée du Capitole)
Cette croix qu’elle recherche avidement a ravit le cœur de son fils. Constantin ne s’est-il pas converti en 312, durant la bataille du pont Milvius à la vue d’une croix et d’une inscription dans le ciel : « par ce signe, tu vaincras.» Ceci explique l’orientation nouvelle du premier empereur chrétien : édit de Milan en 313, convocation du Concile de Nicée en 324, les gestes sont nombreux. Sainte Hélène y est sans doute pour beaucoup, elle qui s’est faite protectrice des disciples du Christ. Peut-être a-t-elle encouragé son fils à demander à l’évêque de Jérusalem, Macaire, que soit détruites « les demeures de l’imposture. » Dressées par l’empereur Hadrien. A bat Jupiter, Vénus et Junon qui jusque là trônaient sur l’ancien temple, le Golgotha et le Sépulcre. « Mettons au jour les lieux sanctifiés par la vie du Christ, sa Passion et sa Résurrection. »
Un matin de l’an 326, sur les ruines d’un autel païen, la vielle femme s’insurge devant les soldats de son auguste fils : « Voici le lieu de la bataille, mais le trophée de la victoire, où est-il ? Moi, je suis sur un trône, et la Croix du Seigneur est ensevelit dans la poussière. »
Elle ordonne de continuer les fouilles et après des semaines de recherches, les instruments de la Passion sont extraits de la terre. Parmi eux trois croix, et sur l’une d’elle, une inscription en hébreux, en grec et en latin : Jésus de Nazareth roi des juifs.
« Pa là fut terminée la démonstration de la vérité et grâce au titre, fut reconnue la Croix du Salut. » commente Saint Ambroise.
Statue de Sainte Hélène par Andrea Bolgi.
(Basilique Saint-Pierre de Rome)
Hélène exulte et partage le trésor en trois parts, pour que Jérusalem, Constantinople et Rome soient sanctifié par sa présence. Hélène qui dispose du trésor impérial, fit construire à Jérusalem la basilique de la Résurrection, vaste ensemble qui relit le Golgotha au Sépulcre. Une fois posés les fondations de ce monument, Hélène s’en retourne à Constantinople pour mourir auprès de son fils en 328. Très peu de temps après sa mort, la vox populi, la déclare Sainte, avant que l’église n’entérine la décision.
Sarcophage de Sainte Hélène, en 320.
(Musées du Vatican)