Par Liviaaugustae
Le grand retable du Couronnement de la Vierge, peint sur bois par Enguerrand Quarton, est le joyau du musée de Villeneuve-lès Avignon. Nous regarderons aujourd'hui la partie centrale. C'est en 1452, que les chartreux commande ce retable pour l'autel de la Sainte-Trinité dans leur église.
Ce chef-d'oeuvre de la peinture française a été peint dans le climat d'euphorie oecuménique qui suivit la tentative de réconciliation des Eglises d'Orient et d'Occident au concile de Florence, en 1439.
Les chartreux de Villeneuve avaient participé à la commission théologique de catholiques orthodoxes qui énonça qu'il n'y avait aucune différence de foi sur le mystère de la Trinité.
Le contrat du tableau spécifiait que « du Père au Fils ne doit avoir nulle différence ». Les deux visages, miroir l'un et l'autre, sont parfaitement semblables. Dieu le Fils se trouve à gauche du tableau, à la droite de Dieu le Père, comme le dit Jésus : « Le Seigneur a dit à ma mon Seigneur : siège à ma droite. » (Luc 20,42). La colombe du Saint Esprit a la même auréole que les deux autres personnes : un seul Dieu en trois personnes. Des séraphins écarlates et des chérubins bleus entourent la Trinité.
Des saints sont figurés dans le paradis.

Marie est grave et imposante, tout en restant humble devant le Père et le Fils. Sur sa robe somptueuse de brocart, un immense manteau bleu lapis rappelle qu'elle est aussi la mère des hommes. Depuis le XIIe siècle, l'art et la liturgie mettaient en exergue la royauté de Marie.

L'archange Gabriel est aussi beau que juvénile – presque enfantin -. Il salue de la main gauche la mère de Dieu, et tient dans la droite un phylactère (banderole) où est inscrit le texte de l'Angélus.
Marie-Gabrielle Leblanc
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