1er novembre 2021
Je vous souhaite une bonne fête de la Toussaint.
Le couronnement de la Vierge, entré au Louvre à la suite des guerres napoléoniennes, est un chef-d'œuvre du XVe siècle peint par le bienheureux peintre italien.
Au Moyen-Âge gothique et à la Renaissance, le paradis est fréquemment représenté, soit avec la Sainte Trinité, et la Vierge sur le trône à part, comme dans les Heures d'Etienne Chevalier de Jean Fouquet, soit avec le Couronnement de la Vierge, auquel assistent de nombreux saints.
Le Couronnement de la Vierge du Louvre est un des deux chefs-d'œuvre peints sur bois en 1534 par le bienheureux Fra Angelico sur ce thème – l'autre est au musée des Offices à Florence. Reprenant une iconographie créée en France, au XIIe siècle, par l'abbé Suger de Saint-Denis, dans un vitrail détruit de Notre-Dame de Paris, il rompt avec l'iconographie royale de la Mère de Dieu au Moyen-Âge assise au même niveau que le Christ. Pour la première fois, Marie est agenouillée devant son Fils : le XVe siècle aime mettre l'accent sur sa vertu.
Mais nous regarderons surtout cette fois, pour la fête de la Toussaint, les saints et les anges qui peuplent le paradis. Tout près du trône du Christ, une vingtaine d'anges, en tunique roses ou bleues brodées d'or, jouent des instruments de musique : longues trompettes d'or, violes, luth, mandoline et tambourin.
Puis viennent les saints, sérieux, dans une joie sereine mais intériorisée. Au premier plan, en bas, nous reconnaissons, agenouillés de gauche à droite, saint Benoît et saint Louis conversant avec son contemporain saint Thomas d'Aquin qui se retourne vers le roi, tenant sa somme théologique et lui désignant le Christ. Puis saint Bernard, saint François […]
Le Paradis est magnifiquement imaginé avec un beau dallage mis en perspective, et un spectaculaire escalier fait de marbre chatoyant de toutes les couleurs. Le baldaquin du trône gothique est en pierre sculptée, et un riche draps d'honneur brodé de fils d'or le tapisse. C'est une des plus belle figuration du Paradis dans l'histoire de l'art.
La prédelle tout en bas représente la vie de saint Dominique.
Ce retable d'une beauté exceptionnelle a été peint par Fra Angelico pour son premier couvent dominicain près de Florence, avant qu'il ne vienne au couvent San Marco à Florence. Il y ornait l'autel de gauche dans l'église. Lorsque Napoléon supprima les couvents en Italie en 1812, beaucoup d'œuvres d'art furent emportées en France et exposées au Louvre. Un certain nombre furent rendues à l'Italie en 1815, mais d'autres restèrent en France.
Marie-Gabrielle Leblanc