Par Liviaaugustae
« Avec ton Fils unique et le Saint Esprit, Tu es un seul Dieu, Tu es un seul Seigneur dans la Trinité des Personnes et l’Unité de leur nature. »
Préface de la messe de la sainte Trinité, fêté ce dimanche.
Bas-relief d’albâtre du XVe siècle.
(Musée de la Bénédictine à Fécamp)
Ce délicat petit bas-relief en albâtre est dans la tradition raffinée de l’art européen dit gothique international à la fin du Moyen Âge.
La ville de Nottingham, au centre de l’Angleterre, produisit au XIVe et XVe siècle des sculptures d’albâtre en grande quantité qui inondèrent le continent. Elles étaient agencées en polyptyques, démembrées aujourd’hui. A l’époque, elles étaient rehaussées de peintures polychromes et d’or. Cet art fut interrompu par la réforme anglicane qui interdit toute représentation en art sacré. Ces sculptures sont en général en assez mauvais état, à cause de la fragilité du matériau.
Cette figuration de la Sainte Trinité est courante à la fin du Moyen Âge. Dieu le Père est assis sur son trône, et porte sur ses genoux le Christ en croix, qu’il présente à l’adoration des fidèles. La colombe du Saint Esprit était présente au-dessus de la tête de Père mais a été cassée au XVIe siècle par les protestants. Des anges adorateurs, en aubes, sont agenouillés autour des Trois Personnes et aux pieds de la Croix. Près du Christ, un ange tient un calice pour recueillir le sang qui coule de la plaie de son côté. Les anges qui sont en haut tenaient certainement des encensoirs, qui ont encore été cassés.
Le Père semble dire aux fidèles : « Celui-ci est mon Fils Bien-aimé, écoutez-le. »
Le Père, couronné comme un roi, présente un visage impassible d’une grande beauté, empreint de bonté.
Le Christ est représenté sur la Croix avec une grande simplicité, déjà mort, de manière à émouvoir la piété du fidèle.
On peut voir des albâtres de Nottingham aux Musées de Cluny et du petit Palais à Paris, des Augustins à Toulouse, des Beaux-arts à Tours.
Marie-Gabrielle LEBLANC
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