Eklablog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

La vieille guimbarde...

 

 

 

 

 

 

 

Ce texte a été écrit pour le 151ème Café Thé, Brigitte allias écureuilbleu https://www.unebonnenouvelleparjour.com/ qui nous proposait de parler « d'un moyen de locomotion qui vous a marqué(e) : cela peut être votre première voiture ou votre premier vélo, une trottinette ou un bateau, ou un tapis volant... »

 

 

L'inter dans la brume des souvenirs...

 

(image pixabay)

 

La vieille guimbarde.

 

Mon père possédait une vieille voiture, une de ces vieilles guimbardes d'après guerre, de marque américaine, une «Internationale » (comme en voit dans les vieux films américains) surnommée « l'Inter » par toute la famille, papa l'avait achetée pour deux francs six sous afin de convoyer sa nombreuse progéniture, c'est donc dans cet engin-là que nous nous embarquions pour aller à la plage ou en vacances et tel un général sur un champs de bataille dirigeant ses troupes, papa nous assignait des places sur les sièges à l'arrière et casait avec précision les nombreux bagages que nous emportions, à cette époque nous allions à L'Anse Bertrand où mes grands parents possédaient une distillerie (dans laquelle on fabriquait rhum et sucre) et une maison nommée « Belle-vue », un peu délabrée puisqu'elle elle était fermée tout au long de l'année, mais nous adorions y passer les trois mois des grandes vacances avec la mer à proximité.

 

Je me souviens aussi quand nous allions du côté de la distillerie en balade, le gérant de la distillerie nous offrait du sucre de canne tout chaud ainsi que du « sirop batterie »*

 

En ces temps-là, les routes goudronnées étaient rares, (aujourd'hui, tout est goudronné et le réseau routier offre même des quatre voies) nous roulions sur des chemins en pierres blanches bordés de champs de cannes à sucre aux odeurs sucrées, sur lesquelles nous soulevions une horrible poussière blanche qui enfarinait toute la famille (si vous avez vu le film « Le Guépard » on y voit la famille du prince Salinas assister à la messe tout enfarinée), en arrivant à destination, nous étions dans le même état que la famille du prince...

 

Parfois nous croisions une charrette tirée par deux bœufs lymphatiques et une autre fois une poule imprudente se promenant sur la route mourut sous nos roues malgré le coup de volant de papa pour l'éviter, il fallut alors trouver le propriétaire de ce volatil, le payer et l'emporter pour un futur repas...

 

Mais, malgré des heures et des heures de cuisson, la chair de ce volatil restait très coriace – cette poule courait sûrement des marathons car elle était tout en muscles – nous ne nous sommes pas régaler par contre le chien (à l'époque il s'appelait Dick) a tout fini et apparemment il a beaucoup aimé çà !

 

Cette vieille voiture n'avait pas de portes à l'avant et si papa pouvait s'accrocher au volant pour ne pas tomber sur la route dans les cahots, maman n'avait rien pour s'accrocher et ma terreur d'enfant, c'était que nous semions maman sur la route, comme nous avions un jour semé l'accu de la voiture, ce qui nous a stoppé au beau milieu du chemin, (heureusement à cette époque il n'y avait pas foule sur la route) papa étant bricoleur la replacée, (et après cet épisode, pour stopper les velléités d'indépendance de cet accu, papa l'avait ficelé avec du fil de fer) mais c'est en transe que j'ai fini le voyage ce jour-là...

 

Ces petits incidents de parcours nous sortaient de brefs instants de la torpeur où nous plongeait la chaleur du soleil tropical, car nous roulions au moins à... cinquante à l'heure !

 

En arrivant à destination et seulement après avoir tout rangé dans la maison, mais aussi après avoir éliminé les scorpions qui avaient investi les lieux, nous avions le droit d'aller à la plage, au «Trou de Madame Louis » ou nous enlevions avec grand plaisir la poussière du chemin dans l'eau claire de la mer Caraïbe.

 

Le voyage était long et monotone, plein de dangers et d'imprévus pour une petite fille à l'imagination fertile comme je l'étais, mais les grandes vacances commençaient et... nous étions au paradis !

 

Livia

 

 

 

* Le sirop de batterie (ou sirop batterie) est un concentré du jus de canne cuit obtenu par évaporation.

 

Le nom « batterie » vient de la cinquième et dernière chaudière utilisée pour fabriquer le sucre dans les anciennes sucreries.

 

C'est un sirop brun foncé et très épais.

 

C'est un produit très répandu en Guadeloupe et en Martinique. Il sert notamment à faire des punchs avec le rhum blanc ou alors en dessert ; on enrobe des bananes avec ce sirop, c'est un délicieux dessert (mais attention il faut en user et non en abuser, car ce sirop n'est pas très recommandé si on veut garder la ligne).

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
E
Magnifique ta narration , très vivante et colorée , j'aime beaucoup.<br /> Quant à moi , c'est l'histoire de mon premier vélo qui m'a marqué !!<br /> Belle soirée, bises Livia
Répondre
R
Beaucoup aimé ton texte lu chez Brigitte. Bisous
Répondre
É
Bonjour Chantal. J'ai beaucoup apprécié tes souvenirs liés à cette vieille guimbarde, racontés avec humour. Bonne journée et bisous
Répondre
L
J'avais lu ton texte que j'ai bien apprécié chez Brigitte. Pas de porte à l'avant, la batterie qui se fait la malle... c'était vraiment une vieille guimbarde !!! <br /> Ton histoire me rappelle un peu les années 60, quand on était en vacances dans le midi avec la Deudeuche à laquelle j'avais enlevé les portes...<br /> Bisous et bonne journée<br />
Répondre
M
Bonjour Chantal,<br />  <br /> Super ton texte. J'ai beaucoup apprécié.<br /> J'ai noté cette phrase ci-dessous qui me rappelle une expérience similaire vécue avec la vieille 202 de papa.Cette réparation de fortune nous a permis de rentrer à la maison mais en faisant un sacré boucan. On aurait dit un 38 t!<br /> Bises<br /> " (et après cet épisode, pour stopper les velléités d'indépendance de cet accu, papa l'avait ficelé avec du fil de fer)" <br />  
Répondre