Par Liviaaugustae
« Le roi sera séduit par ta beauté »
Psaume 44
La Vierge en oraison.
Ce tableau qui faisait autrefois parti d’un diptyque, est un panneau de bois peint vers 1480 par un peintre tourangeau inconnu. Il est aujourd’hui conservé au Musée des Beaux Arts de Tours.
Cette Vierge en prière, véritable icône occidentale, a toute la beauté de l’art du XVe siècle français, siècle où, avec les XIVe et XVII e, notre peinture est à son apogée. La représentation de la Vierge Marie en prière, les mains jointes, revêtue d’une guimpe blanche et d’un grand voile bleu, est apparue à cette époque.
Ce tableau ne représente pas un moment particulier de la vie de la Vierge : il s’agit d’une scène de dévotion pour que son propriétaire prie devant elle, en sachant qu’elle renvoie toutes les prières à son fils. En effet, la Vierge en oraison était le volet droit d’un diptyque dont le volet gauche, détaché mais lui aussi conservé au Musée de Tours, représente le Christ bénissant, une disposition fréquente au XVe et XVIe siècle.
Cette œuvre à la perfection lisse de la peinture sur bois, où nulle trace de coup de pinceau n’est discernable. Le visage juvénile et sérieux de Marie, ses yeux baissés avec recueillement, sont d’une grande pureté. Le bleu du voile, d’une qualité exceptionnelle, a été réalisé avec du pur lapis lazuli broyé, une pierre précieuse très dure qui donne cette couleur intense.
Cette œuvre délicieuse témoigne de la floraison artistique à Tours au XVe siècle. L’école de Tours se caractérise par un style élégant et doux, mêlant l’héritage du grand Jean Fouquet (mort en 1480) et des innovations venus d’Italie et de Flandres. La présence en Touraine du plus grand peintre français du XVe siècle d’un côté, celle de la famille royale et des grandes familles tourangelles au service de la monarchie de l’autre, explique l’exceptionnel développement de ce foyer artistique rival de Paris.
La rareté des peintures tourangelle conservée s’explique par les terribles destructions des guerres de religion, puis de la Révolution. Les œuvres de cette époque parvenues jusqu’à nous sont des miraculées : il ne nous reste même plus un tableau français du Moyen Age sur mille, alors que nos voisins italiens et flamants, qui n’ont pas détruit leur patrimoine artistique, ont conservé des milliers d’œuvres.
Au XVe siècle, on utilise pour la couleur bleu le précieux lapis lazuli qui donne d’admirables effets.
Marie Gabrielle Leblanc
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