Par Liviaaugustae
La Vierge et les Saints…
« Salut, Reine des Cieux !
Salut Reine des anges !
Salut Porte du Ciel ! »
(Antienne mariale Ave Regina caelorum.)
Ce superbe triptyque italien du XIVe siècle, conservé au Petit Palais d’Avignon, montre la Vierge à l’Enfant avec saint Jean Baptiste et l’archange Michel. On l’attribut à Barnada da Modèna (1328-1386), un peintre né à Modène, en Emilie, et actif en Ligurie. Les couleurs sont éclatantes, bien qu’il soit endommagé dans sa partie centrale.
A gauche, Jean Baptiste, maigre et émacié par sa vie de pénitence dans le désert, porte le vêtement des ermites, le kaunakès en poil de chameau, sous un manteau pourpre discrètement brodé d’or qu’il a revêtu au paradis. Le rouge est le symbole de son martyre. Il désigne du doigt le Christ sous la forme, courante au Moyen Âge, d’un agneau divin dans un disque. Les paroles solennelles qu’il a prononcées au bord du Jourdain avant de baptiser Jésus, « voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », que des millions de prêtres ont prononcées à la messe depuis deux mille ans, sont inscrites en latin sur le parchemin qu’il tient.
Au centre la Vierge Marie siège sur un trône revêtu d’un tissu brodé d’écarlate, couleur de la divinité du Christ. Son visage de trois quart rappelle les icônes byzantines. L’Enfant Jésus, un beau petit garçon blond avec un oiseau qui symbolise l’âme des hommes en laquelle Dieu met tout son amour.
L’archange Michel, à droite, d’une beauté surnaturelle, aux cheveux d’un blond doré, terrasse un démon qu’il transperce de sa lance, tel un jeune chevalier médiéval. Sa tunique est brodée de croix d’or.
Dans la peinture et la sculpture gothiques, saint Jean Baptiste tient toujours un médaillon avec l’Agneau divin qu’il désigne. (Dans la cathédrale de Chartres, par exemple).
L’Agneau porte l’étendard de la Résurrection.
L’archange Michel est le personnage le plus éclatant du retable : ses ailes et sa tunique sont peintes avec du lapis-lazuli ; et un somptueux manteau carmin, doublé de vert fait de malachite, couvre ses épaules.
Aux pieds de Jean Baptiste, à gauche, est agenouillé le donateur du tableau, qui l’a offert à une église : un prêtre en chasuble bleu et or, les mains jointes : sans nul doute le curé de la paroisse ou le chapelain de cette église.
Marie-Gabrielle LEBLANC
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