Pour ce 171ème Café Thé, Brigitte allias écureuilbleu (https://www.unebonnenouvelleparjour.com/ ) nous propose de nous raconter un joli souvenir de vacances, dans votre enfance, ou plus récent, en couple, en famille ou entre amis...
Les consignes : Ecrivez, fabulez, rimez, dessinez, brodez, scrappez, chantez, délirez, faites ce que vous voulez... Faites nous rire ou pleurer...
Puisque Brigitte nous donnait le feu vert pour faire ou écrire ce que nous voulions, j'ai choisi de narrer un souvenir, ce n'est pas à vrai dire un « joli » souvenir, mais ce souvenir de vacances, est resté très vivace dans ma mémoire jusqu'à aujourd'hui !
Ce sont les grenouilles qui finalement ont donné un bal pour danser sous la pluie…
(image pixabay)
Dans mes années d'adolescence, nous allions tout les ans à la Prise-d'eau (Guadeloupe), chez mes grands parents passer l'été, Pointe-à-Pitre étant une véritable étuve durant ces mois là – ce sont des mois à haute tension, car ce sont les mois durant lesquels les cyclones nous arrivent là-bas – une année en août nous avions obtenu mes sœurs et moi, la permission des parents d'organiser une Surprise Partie – comme l'on disait en ce temps là.
Nous avons donc préparé la liste des invités, avec beaucoup de difficultés car si les invités de l'une ne plaisaient pas à l'autre, cela provoquait des petits énervements entre nous.
Finalement nous avons pu finaliser cette liste, chacune mettant de l'eau dans son vin en acceptant les préférences des autres.
Nous l'avons soumise aux parents, qui eux, ont rayé certains noms de ladite liste, sans qu'aucune de nous trois n'ait son mot à dire, nous pouvions alors commencer les préparatifs : écrire les invitations, prévoir le buffet et les boissons (sans alcool cela va s'en dire), puis...retour devant les parents afin d'obtenir leur quitus pour ces petites agapes.
Chacune a donc distribuer les invitations à « ses invités », et puis nous avons pensé les décores du salon et de la galerie (terrasse aux Antilles) pour cette merveilleuse soirée en perspective, nous étions toutes excitées et le chien de l'époque (c'était notre Pacha), très excité lui aussi, nous suivait partout, il semblait avoir un avis sur les dispositions à prendre, afin de participer lui aussi au bal, nous le trouvions dans nos pieds partout où nous allions – alors qu'il savait pertinemment que cela lui était interdit, il en profitait pour grimper sur le canapé – et courait partout en poussant de petits abois qui ressemblaient à de petits rires...
A l'approche du grand jour nous étions de plus en plus excitées et nous rêvions de cette belle soirée sur les ailes de la danse...
Car, comme le dit Bernard Le Bouyer de Fontenelle : « Le grand obstacle au bonheur, c'est de s'attendre à un trop grand bonheur. Mais... comme je vous le disais c'était la période des cyclones... Et patatras plus de bal !
Car la veille du grand soir, on nous annonça qu'un cyclone fonçait droit sur l'île, nous étions toutes les trois catastrophées – mais dans l'insouciance ou plutôt l'inconscience de la jeunesse, nous espérions qu'Eole irait saccager une autre île que la nôtre pour nous permettre de danser... – cependant le lendemain, dès le matin, le vent commença à souffler et ce fut le branle bas de combat habituel.
Papa et les frères aînés clouèrent des planches sur les portes et fenêtres en espérant que ces planches clouées empêcheraient le vent de s'introduire chez nous pour tout casser comme il sait si bien le faire lorsqu'il est en colère.
Vers midi, terminé les alizées caressants, tout valsait au dehors, on voyait passer des tôles chiffonnées comme des feuilles de papier, des tas de branches cassées et des feuilles en grande quantité arrachées aux arbres, il y avait même des oiseaux arrachés de leurs nids qui étaient emportés et tourbillonnaient eux aussi sous la poigne d'Eole
furibond.
Nous n'avions plus du tout envie de danser, les belles robes resteraient dans l'armoire cette année...
Car après un cyclone il faut pratiquement tout reconstruire !
Livia