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Le fisl prodigue...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le fis prodigue, une mise en scène inattendue et magistrale du Retour du Fils Prodigue, dans un cadre de la Renaissance vénitienne.

 

Un homme avait deux fils... La parabole de l'Enfant prodigue est une des plus connues et aimées, au chapitre 15 de Luc. Elle a été représentée par des artistes célèbres : Rembrandt, lionello Spada, James Tissot, mais aussi par les verriers des cathédrales au XIIIe siècle... Chacun a traité le sujet avec sa propre personnalité et selon son époque. Domenico Fetti également, avec sa manière lumineuse qui exprime bien la joie des retrouvailles et du pardon.

 

Tendresse du père.

 

Nous sommes en extérieur, sur le perron ou la terrasse d'un palais dont la porte s'ouvre à droite.

 

Le fils prodigue, en guenilles, pieds nus, visiblement épuisé, n'ayant pour tout bagage qu'une gourde à sa ceinture, s'écroule dans les bras de son père, un vieillard plein de bonté à la longue barbe blanche, qui le serre sur son cœur avec tendresse. Il porte une longue robe rose et un turban blanc sur la tête.

 

A droite, des serviteurs s'activent, ils apportent déjà le riche vêtement demandé par le père. Au fond, sous la majestueuse arcade à la vénitienne, deux autres serviteurs amènent le veau gras selon ses ordres.

 

Le fils aîné arrive par la gauche. Mécontent, il fait des reproches à son père à qui il désigne son frère d'un geste véhément et plein de mépris. Le teint bruni par le soleil, il est torse nu, en sueur, un chèche en désordre et à moitié dénoué sur la tête, comme on en porte en Egypte et dans les pays du Proche-Orient pour se protéger du soleil, avec les vêtements négligés de quelqu'un qui revient des champs. C'est visiblement un rude travailleur, et il s'indigne de la conduite de son fainéant et vaurien de frère.

 

L'influence attardée de la Renaissance vénitienne, et spécialement de Véronèse, éclate dans cette œuvre. La riche colonnade de pierre blanche aux pilastres ioniques, portant des anges ou des victoires sculptés, la lumière cristalline de plein air et plein jour typiquement vénitienne, les couleurs claires, sont comme des citations de Véronèse, le plus grand peintre vénitien de la deuxième Renaissance. Elles évoquent en particulier son célèbre tableau des Noces de Cana.

 

Cette brillante élégance vénitienne est contrebalancée par le lyrisme avec lequel Fetti décrit les faits et gestes de la réalité quotidienne et populaire : la jeune mère qui porte son enfant sur son épaule qui dort comme un bienheureux, écrasé de fatigue ; le tout jeune mendiant – à moins que ce ne soit un compagnon de route du Fils prodigue – affalé , en haillon, sur les marches de la maison, qui montre d'un geste éloquent les pieds en sang du Fils repentant. Peut-être Fetti a-t-il voulu signifier par ces personnages que tous les pécheurs, dont nous-mêmes, peuvent demander pardon de leurs fautes à Dieu, dont le père de cette parabole est l'allégorie.
Marie-Gabrielle Leblanc

 

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R
Très beau tableau, merci pour tes explications. Bisous bon dimanche
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É
Bonsoir Chantal. C'est un beau tableau bien commenté par Marie-Gabrielle. Bisous
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