Par Liviaaugustae
Vestiges du Forum Romanum, avec au premier plan les colonnes du Temple des Dioscures (1742)
(Image Wikipédia)
LANGUE FRANCAISE
(Suite et fin)
Tant qu’une langue vit, elle demeure dans le peuple comme une âme dans un corps. Dire : une langue morte, c’est dire un peuple mort, une civilisation dont il ne subsiste que quelques bribes et qui n’intéresse plus que les archéologues, une terre qui n’a de commun avec ce qu’elle a été que sa situation géographique. Depuis 2000 ans, depuis Guillaume Budé, l’Europe est en deuil de l’Antiquité et ne cesse de s’en lamenter. Mais quelle famille n’a ses chers défunts ? Cela n’empêche pas de vivre. La langue française est en état de siège. Il ne tient qu’à nous que ce soit le siège de Paris, dont nous ressuscitâmes très vite, et non celui de Troie, au terme duquel la ville fut rasée définitivement.
Jean Dutourd
Extrait de : A la recherche du français perdu.
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