De Bonchamps, comme de Charrette et La Rochejaquelein, ont combattu vaillamment les révolutionnaires, pour défendre, la Patrie mais aussi l'Eglise en danger.
Ce sont de très belles figures de notre histoire dont on ne pas, elles ont été carrément répudiées des programmes d'histoire...
Si vos pas vous conduisent vers Angers, n'hésitez pas à faire une halte dans le petit village de Saint-Florent-le-Vieil, son abbatiale est magnifique et la statue de Bonchamps, hallucinante de vérité, et le point de vue sur la Loire est magnifique.
Livia
Bonchamps demandant grâce pour les prisonniers que ses hommes voulaient exécuter
À la bataille de Cholet, le 17 octobre 1793, 24000 Républicains combattent contre 40000 Vendéens découragés, très mal armés et encore plus mal disciplinés. Il y a peu de batailles où les masses se sont entrechoquées avec autant de fureur. Les Vendéens ont longtemps l'avantage. C'est le jeune général républicain Marceau qui décide la victoire à se ranger du côté des Républicains. « Jamais, dit Kléber, les Vendéens n'ont livré un combat si opiniâtre, si bien ordonné; ils combattent comme des tigres et leurs adversaires comme des lions». Les pertes pour les insurgés s'élèvent à 8000 hommes tués ou blessés. D'Elbée y est blessé grièvement et Bonchamps mortellement. Ce dernier, porté à Saint-Florent-le-Vieil, ordonne la grâce et la libération de 5 000 soldats républicains pour le lendemain 18 octobre, jour de sa mort. Madame de Bonchamps, raconte ainsi dans ses Mémoires les derniers moments de son mari:
« Monsieur de Bonchamps, après sa blessure, a été transporté à Saint-Florent, où se trouvent 5000 prisonniers renfermés dans l'église. La religion avait jusqu'alors préservé les Vendéens de représailles sanguinaires; mais lorsqu'on leur annonça que mon infortuné mari était blessé mortellement, leur fureur égala leur désespoir; ils jurèrent la mort des prisonniers. Monsieur de Bonchamps avait été porté chez Monsieur Duval, dans le bas de la ville. Tous les officiers de son armée se rangèrent à genoux autour du matelas sur lequel il était étendu, attendant avec anxiété la décision du chirurgien. Mais la blessure ne laissait aucune espérance ; monsieur de Bonchamps le reconnut à la sombre tristesse qui régnait sur toutes les figures. Il chercha à calmer la douleur de ses officiers, demanda avec instance que ses derniers ordres fussent exécutés, et aussitôt il prescrivit que l'on donnât la vie aux prisonniers; puis se tournant, vers d'Autichamp, il ajouta: «Mon ami, c'est sûrement le dernier ordre que je vous donnerai, laissez-moi l'assurance qu'il sera exécuté». En effet, cet ordre, donné sur son lit de mort, produisit tout l'effet qu'on en devait attendre *; à peine fut-il connu des soldats que de toutes parts ils s'écrièrent : «Grâce! Grâce! Bonchamps l'ordonne !». Et les prisonniers furent sauvés ».
Bonchamps meurt le 18 octobre à 11 heures du soir à la Meilleraie près de Varades. Son tombeau se trouve dans l'abbatiale de Saint-Florent-le-Vieil après que ses restes ont été déplacés par sa famille au début du XIXe siècle.
Parmi les prisonniers graciés se trouve le père de l'artiste David d'Angers. Ce dernier érige la célèbre statue du Pardon de Bonchamps dont on peut voir l'original à l'abbatiale de Saint-Florent-le-Vieil et une copie à la galerie David d'Angers, à Angers.
Vue de Saint-Florent-le-Vieil