Tout est parti de là...
(image pixabay)
Toutes ces expressions que nous employons plus ou moins nous arrivent tout droit de la marine à voiles...
Je veille au grain...
Se tenir sur ses gardes
Cette expression datant du XIXe siècle trouve son origine dans la marine à voile. Le "grain" faisait référence à un vent violent qui se lève accompagné éventuellement de pluie et pouvant rendre les manœuvres difficiles. Le marin qui veillait au grain scrutait l’horizon pour anticiper les changements de météo.
Mettre le grappin dessus
C’est jeter son dévolu sur quelqu’un, se l’accaparer.
À l’origine, sur les navires, un grappin (de "grappe", crochet) désignait un crochet d'abordage, une petite ancre de 4 ou 5 branches recourbées, au bout d’une corde qui, une fois lancée, permettait notamment aux pirates de rapprocher le bateau cible pour monter à bord plus facilement. D’où le sens aujourd’hui de "s’accaparer" quelqu’un ou quelque chose.
Je suis au taquet
"Etre à fond, au maximum de ses possibilités, tout donner pour réussir une tâche".
Au XVe siècle, le taquet est un morceau de bois qui permettait de fermer une porte (sorte de loquet). Au XVIIe siècle, le terme évolue. Dans le milieu marin, le taquet désigne une pièce en métal permettant de maintenir un cordage bien serré. Synonyme d’objet bloquant, le taquet signifie aujourd’hui par extension une limite à ne pas franchir.
Les pacotilles
Aujourd’hui, le terme "pacotilles" est utilisé pour parler d’objets quelconques, qui ont peu de valeur.
Au XVIIIe siècle, les pacotilles désignaient le petit ballot de marchandises que chaque marin embarqué avait le droit de prendre avec lui, sans en payer le fret à l'armateur, en vue d’en faire commerce.
Prendre une biture
Au début du XIXe siècle, une bonne biture évoquait plutôt un repas copieux. Aujourd'hui cela signifie se soûler
La biture (ou bitture) désigne la corde disposée en forme de S sur le pont d’un navire de sorte qu’au moment de jeter l’ancre, celle-ci puisse rapidement aller au fond. Sa disposition en zigzag évoque la démarche d’une personne ivre.
Avoir le vent en poupe
Aller de l'avant !
La poupe d’un voilier, c’est son arrière! Avoir "le vent en poupe", c’est lorsque le vent souffle à l’arrière, l’assurance d’une navigation facile et rapide. Cette expression remonte au XIVe siècle et aux bateaux de la marine à voile. Elle est aujourd’hui employée dans la vie courante lorsqu’une personne est à l’honneur ou connaît une période fructueuse.
Roder dans les parages
Aujourd’hui, cette expression est employée pour évoquer les environs, le voisinage.
Les parages désignent la mer proche des côtes, d’une île, d’un cap.