Par Liviaaugustae
« Voici votre Dieu !
Il vient avec puissance, son bras lui soumet tout. »
Isaïe 40, 10
Le Christ Juge (1350)
Peint par Giusto dei Menabuoi, originaire de Toscane où il est connu à partir de 1348, arrivera à Padoue en 1370 ou il peindra son chef-d’œuvre, les fresques du baptistère de la cathédrale. La fresque de Viboldone est sa première œuvre.
L’église de l’abbaye bénédictine de Viboldone, à San Giuliano Milanese (près de Milan), est couverte de fresque du XIVe siècle. Le Christ Juge, est un détail du Jugement dernier sur l’arc à l’entrée du chœur.
Le Christ apparaît dans la mandorle, forme en amande qui dans l’art médiéval d’Occident et d’Orient, représente la théophanie (l’apparition divine en grec). Le Fils de l’homme revient à la fin des temps pour juger les vivants et les morts, mais son visage est empreint de bonté. Il fait un geste d’accueil de la main droite (« Venez, les bénis de mon Père »), et de regret de la main gauche (« Loin de moi, maudits »).
Deux anges, en bas de la mandorle, sonnent les trompettes : le Jugement dernier commence. Quatre autres tiennent les instruments de la Passion : lance-éponge, roseau et tenailles à gauche, croix et clous, colonne et fouet à droite. A l’extrême droite et gauche, deux anges enroulent le « rouleau du temps », illustration du chapitre 10 de l’Apocalypse, où un ange annonce qu’il n’y a « plus de temps », car on entre définitivement dans l’éternité, symbolisée par la paroi d’or et de pierreries ainsi dévoilée. En bas à gauche, les élus agenouillés et les morts qui sortent de leurs tombeaux ; à droite, les damnés en enfer.

Le nimbe crucifère, une auréole avec une croix, est réservé dans l’art chrétien au Christ. Cette croix aux branches arrondies tenant dans un cercle est la plus ancienne forme de croix, adoptée dès le IIe siècle par les chrétiens d’Egypte.

Les anges qui enroulent le rouleau du temps, fréquent dans les jugements derniers orthodoxes, sont rares en Occident. Ils signifient le basculement vers l’éternité, dont la beauté est symbolisée par l’or et les pierres précieuses.

Les morts ressuscitent et sortent, aussi nus qu’à leur naissance, de leurs tombeaux à l’appel des trompettes du Jugement dernier sonnées par les anges. C’est la fin du monde actuel.
Marie-Gabrielle Leblanc
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