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Le pélican...

 

 



 

A propos de père dont c'était le fête hier,

 

Connaissez-vous un père plus aimant que ce pélican ?

 

 Qui va jusqu'à donner son cœur  

à manger à ses enfants ?

 

Livia

 

 

 

Le pélican se saignant pour nourrir ses petits.

 

Détail d'un pilier de la cathédrale de Metz

 

(image internet)

 



 

Le pélican

 

Quel que soit le souci que ta jeunesse endure

 

Laisse-là s'élargir, cette sainte blessure

 

Que les séraphins noirs t'ont faite au fond du cœur ;

 

Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur.

 

Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète,

 

Que ta voix ici-bas doive rester muette.

 



 

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,

 

Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.

 

Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,

 

Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,

 

Ses petits affamés courent sur le rivage

 

En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.

 

Déjà, croyant saisir et partager leur proie,

 

Ils courent à leur père avec des cris de joie

 

En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.

 

Lui, gagnant à pas lents une roche élevée,

 

De son aile pendante abritant sa couvée,

 

Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.

 

En vain il a des mers fouillé la profondeur ;

 

L'océan était vide et la plage déserte ;

 

Pour toute nourriture il apporte son cœur.

 

Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,

 

Partageant à ses fils ses entrailles de père,

 

Dans un amour sublime il berce sa douleur ;

 

Et, regardant couler sa sanglante mamelle,

 

Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,

 

Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.

 

Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,

 

Fatigué de mourir dans un trop long supplice,

 

Il craint que ses enfants ne le laissent vivant ;

 

Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,

 

Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,

 

Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,

 

Que les oiseaux des mers désertent le rivage,

 

Et que le voyageur attardé sur la plage,

 

Sentant passer la mort se recommande à Dieu.

 



 

Poète, c'est ainsi que font les grands poètes.

 

Ils laissent s'égayer ceux qui vivent un temps ;

 

Mais les festins humains qu'ils servent à leurs fêtes

 

Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.

 

Quand ils parlent ainsi d'espérances trompées,

 

De tristesse et d'oubli, d'amour et de malheur,

 

Ce n'est pas un concert à dilater le cœur ;

 

Leurs déclamations sont comme des épées :

 

Elles tracent dans l'air un cercle éblouissant ;

 

Mais il y pend quelques gouttes de sang.

 

Alfred de Musset

 

 

Il paraît que les pélicans ne font pas cela, ce n'est qu'un délire poétique...

 

 

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É
Bonsoir Chantal. J'avais appris une partie de ce poème en classe... Je trouve ce poème un peu effrayant : le père se sacrifie jusqu'à la mort. Bonne soirée et bisous
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G
Je ne connaissais pas ces "élucubrations"  de Musset<br /> Jolie cette interprétation architecturale <br /> Bonne fin de journée <br /> Bises 
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M
On appelle cette représentation "le Pélican eucharistique". C'était fréquent sur les autels, et en broderie sur le chasubles des prêtres, jusqu'au début du XXe siècle.
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L
Coucou Livia<br /> Ouf : c'est un délire poétique ! mais j'en comprends bien la signification symbolique..... C'est mignon, un pélican. <br /> Merci Livia et portes toi bien<br /> Bisous
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E
Un poème magnifique qui contient beaucoup de symboles ! Belle journée, bises Livia
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